DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. IX. 157L’Edit d’U ni on anéantit Je titre des Compagnies des Indes Orientales SectionA Occidentales, aussi bien que ceux de toutes J es autres qui y furent com- Ei J } ' r/r íprises, & donna â tout le corps le titre général de Compagnie des In-des (a) (*). On expose succinctement dans le préambule de cet Edit lesmo- Compagnie
tifs gérer aleparia r èu -
(a) Hist, des Indes Orient. T. III. p, 195-197. taon de
toutes les
went d’une efpece d’inquisidon Politique, qui appella tous ceux qui avoient eu quelque au tra.
Raniment des deniers publics, à rendre compte ; la frayeur fit perdre l’esprit aux uns, & ... _
e 'r porta d’autres à se défaire eux-mêmes ; avec tout cela ce redoutable Tribunal ne causa il jotifsdeque du trouble & de la confusion, & le Régent fut obligé d'avoir recours à des voyes p EditPlus douces. Ce fut dans ces circonstances, que M. Jean Law, EcoíTois de naissance, 4 ’UniOH.stui par fa gravide capacité avoir fait une belle fortune, vint offrir ses services, & propo-sa, avec diverses corrections. un projet qu’il avoit tâché de.faíre réussir, il y avoifdou-ze ans, dans son propre Pays. Son plan fut agréé, on fit un nouvel Etablissement, & onliquida une prodigieuse quantité d’snciennes dettes par des billets de Banque; ce qui pro-duisit un effet auquel on ne se seroít jamais attendu. On établit la Compagnie du Miffif-dont nous parlerons dans la Note suivante; peu à. peu on la chargea de tout k Com-uierce étranger du Royaume , & la caisse de cette Compagnie étoit entre les mains de labanque. Voilà ce qui explique en peu de mots, comme l’obl'erve un habile Ecrivain ,
L théorie du Système, que les Créatures du Ministère vantèrent tellement, que lorsquecette nouvelle Compagnie prit le titre de Compagnie des Indes, avec une augmentationde son Capital, les nouvelles Actions monterent àmille & quarante pour cent, &ies an-ciennes à huit ou neuf-cens livres au-delà (i). M. Law fut Controlleur-Général des Fi-nances, Directeur de la Banque , & Infpecteur-Général de la Compagnie des Indes, tantque la fureur des Actions dura ; mais quand les billets de Banque perdirent leur crédit,
& que les Actions de ia Compagnie commencerent à baisser, ii fut obligé.de sortir se-ctettement du Royaume, après avoir perdu tous ses Emplois. Cette succession d’événe-niens arriva entre 1717 & la fin de 1720 (2). On ne peut douter que la principale, ouau moins la premiers vue de la Cour ne fût de se délivrer en quelque façon du far-deau accablant des dettes, qu’il lui étoit impossible d’acquitter; & quand cela fut effec-tué jufqu’à un certain point, Messieurs Paris & d’autres ennemis de M. Lave projette-lent, comme on le verra dans le texte, de dégager la Compagnie des Indes, & de .
mettre son Commerce fur un pied régulier ci praticable. Nous avons beaucoup anticipédans cette Note fur la fuite de i’Histoire, dans l’espérance de répandre du jour sur une af-faire aussi compliquée.
(*) Tous les Auteurs François de quelque poids qui ont écrit furie Commerce, recon-Poissent le.Cardinal de Richelieu pour son Fondateur, & le célébré Co'hert pour son Restau*î! U.eur (3). Le Cardinal avoit appuyé plusieurs entreprises pour rétablir L faire fleurir leCommerce de France fur les Côtes d’Afrique & dans l’Amérique, mais aucune n’avoit unPeu réussi nonobstant tous les privilèges, les exemptions h les encouràgemens accordésPar le Roi aux intéreslés, desorte qu’elles paroissoient au grand nombre, & même à la plu-part dc-s Politiques autant d’illusions de Commerce. Mais le pénétrant Pollen les envisa-gea fous un tout autre point de vue, il s’apperçut clairement que c’étoit à ces illusionsque la France étoit redevable de ce qu’elle possédoit en différentes parties du Monde, &
“ìen-que ces possessions fussent peu considérables, il jugea qu’il importoit infiniment de, es conserver. Ce fut ce qui l’engagea, lorsqu’en 1664 il forma une Compagnie des In-des Orientales, à en établir aussi une d’Occident, dans l’efpérance que le teins étoit ve-'
1111 que ks François pourroient faire une aussi grande figure dans le Commerce étranger^e leurs voisins (4). Mais comme ks vues des plus habiles gens ne sont,nullement infail-
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í 1 ) Hist. du Visa, p. 24> r;. (3) Essai fur le Marine Sc fur le Commerce,
'H Hiit. des Indes Oiitnt, T. III, p. 387* k- s 7 -
(4) Hist, de la Compagnie des Indes, x. i« 7 >
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