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DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. IX. i a3
II est fort incertain qui fut le véritable auteur de ce nouveau Système , Sectiowfort différent de ceux dont on amusa les François, & même toute l’Euro- VI.pe, tant que fétrange manie des Actions dura, que l'on peut avec raison ^vtlegegappeller une folie politique : le Ministère ne laissa pas d’en profiter extrê- & lacòm-mement,& tira de ce chaos informe, par l’Edit d’Union, ce nouveau Sepagnicbel Edifice, qui a été si avantageux au Crédit public & au Commerce de la perpétuelleFrance. On trouva pourtant qu’il y avoit encore quelques traits à ajouter ^ sInt3espour le perfectionner, & que l’on y a habilement appliqués quand il l’a fallu. ~ c ' ,Le fonds de la Compagnie des Indes consistoit, comme nous J’avons dit, Le granden celui de la Compagnie d’Occident, avec une augmentation de vingt-cinq Secretpoli-millions lors de son union avec l’ancienne Compàgnie des Indes Orientales ; £
mais on jugeaà-propos, pour mettre les choses fur un pied solide, de faire "â/è- "l’examen des Actions qu’avoient les intéressés, pour distinguer ceux qui les ment.avoient acquises honnêtement & par achat, de ceux qui s’étoient fourrés fui-les Livres de la Compagnie, uniquement pour faire le Commerce des Actions,
& qui n’étoient qu’Agioteurs. Ce fut en conséquence de cette révision ,que par un Edit de 1723 le Roifixa les Actions de la Compagnie àcinquan*te-six-mille, qui formoient un fonds de cent-douze millions, A huit millionsquatre-cens-mille livres de dividendes (a).
Par un autre Arrêt de 1725, la Compagnie en retira cinq-mille, qui fu- Nouvellerent annullées & brûlées publiquement; & par-là le Capital fut réduit à cin- preuve dequante-un-mille Actions,' dont les dividendes font payés par les huit millionsque les Fermiers-Généraux rendent tous les ans à la Compagnie pour la Fer- vemancmme du Tabac, dont le privilège exclusif, perpétuel & irrévocable, a été ac- aux intè- .Cordé à la Compagnie en 1723 & 1725, & par le Castor du Canada, de- à * I(ìforte que le payement de ses dividendes est aussi assuré qu’une chose de cet- ow î’ a ~
•te nature peut i’être en France (S). Pour le Commerce des Indes, c’est un ^ me ‘surcroît de surete, dont le profit demeure en malle, & forme un accrois-sement de fonds, qui s’employe tous les ans à augmenter les cargaisons, pourassurer davantage celui des Actionnaires, pour leur donner dans la fuite unplus haut intérêt, & pour fournir à toutes les dépenses nécessaires. II n’estpas difficile de comprendre, que fur un point de vue fi favorable les Actionsde la Compagnie des Indes acquirent plus de crédit dans le Royaume & dansles Pays étrangers /qu’aucun fonds de cette nature eût jamais fait en France,fur-tout quand on a vu que les dividendes fe payent régulièrement, & fontassignés fur des fonds sûrs & solides (*).
Mais
(a) Diction.deComm. T.I. Col. 1379 - Q>) Histoire des Indes Orientales, I. c.
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barras, & peu à peu « par divers moyens, oìi l’autorité absolue du Roi eut beaucoupdépart, on en vint en grande partie à bout, & l’on commença généralement à avoirbonne opinion des Actions de ce fonds (i)-
(*) La Compagnie perpétuelle des Indes ayant st bien répondu aux vues du Ministère,
& les affaires publiques ayant pris de la consistance, ce fut une résolution très-sage&pru-dente de mettre cette Compagnie, chargée de presque tout le Commerce étranger de
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(O Dictionn, de Comm. T. i. Col. izâo,
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