DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Ciiap. IX. IP5
sommes nécessaires pour le maintenir, que d’en laisser le foin à d’autres; Sc $ecttohs’indemniíèr de tems en tems des pertes qui pouvoíent peut-étre venir deux- yi. >mêmes. Ils firent aussi très-prudemment réflexion, que vu fétat des choses Prtvikgeten ce tems-là,il falloit des sommes immenses pour les redressererttierement; ^?™ iTe& que fi cela étoit connu, les intéresses deviendraient inquiets & défiant,
Sc par cette raison ils eurent la précaution de ne pas Jes admettre à voir kspetpétuellecomptes, ce dont ils n’avoient aucun sujet de se plaindre, tandis qu’ils re- Indes
cevoient régulièrement un dividende raisonnable. Enfin ils prévirent, que bc._
quand le Commerce seroit une fois fur un bon pied, en fortequ’il rapportât ,imrdes profits, il seroit souverainement nécessaire de les laisser accumuler pen-dant quelque tems, afin d’avoir un fonds suffisant tant en Europe que dans lesIndes ; or ils savoient bien que cela ne pourroit jamais se faire, si k-s inté-ressés avoient connoissance des affaires , parceque la pluralité décideroittoujours pour des répartitions actuelles, fans s’embarrasser de ce qui pour*roit arriver dans la fuite. Ils íè précautionnèrent contre tous ces inconvé-niens d’une maniéré dont tout le monde fut content d’abord, parcequ’onn’avoit rien à espérer encore, & que peu de gens pénétrèrent le but deces précautions, qui dans tout autre Pays n’auraient pu réuflìr, quelquejustes & nécessaires qu’elles fuílènt (a).
Nonobstant la prudence de toutes ces mesures, les Ministres sentirent, p rm i mqu'à moins que l’on ne fît promptement quelque chose qui parût ranimer J'ectursle Commerce, & qui le rétablît en effet, on verroit bientôt naître les foup- nielle ençons, qui feroient suivis de murmures ; deforte que tandis qu’ils avoient de ’l’argent en main, ils jugèrent qu’il falloit mettre la Compagnie des Indes en “«w»état de faire quelque chose d’extraordinaire , qui répondît à la haute idée fait.que l’on avoit conçue des avantages qui découleraient de cette grande ré-volution. On équipa donc trois Vaisseaux vers la fin de saunée /720, ri-chement chargés, non seulement des marchandises de l’Europe, mais en-core d’or Sc d’argent (b). Rien de plus judicieux, car cela donna du crédità la Compagnie en Europe, fit hausser le prix de ses Actions, & excita ti-ne attente générale pour la fuite. Cependant les Ministres, qui étoient par-faitement instruits de fétat des affaires, ne pouvoient fe flatter par degrandes espérances ; ils savoient très-bien qu’il falloit faire encore beaucoupau-delà, pour mettre seulement les choses en train, pour rétablir un peu lecrédit & l’honneur de la Nation, & pour faire respecter son Pavillon auxIndes. Us ne laissèrent pas de donner le tour le plus favorable, & de traiterf affaire comme achevée, bien-qu’elle ne fût que commencée. Les Directeursordonnèrent aussi de bâtir au Port d’Orient, <Sc d’y faire desMagazins,com»me s’ils avoient attendu de grands retours : cela engageoit à-la-vérité à desdépenses, cependant comme ces Bâtimens pouvoient avec le tems être uti-les & nécessaires, autant qu’ils fervoient aux vues présentes, on laissa faireles. Directeurs (c).
(ri) Hist. des Indes Orientales, T. III. p.274 . 375 -
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(b) Ibîd. p. 3C7.
(0 Ibid. p. 375.
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