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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Ciiap. IX. IP5

sommes nécessaires pour le maintenir, que den laisser le foin à dautres; Sc $ecttohsindemniíèr de tems en tems des pertes qui pouvoíent peut-étre venir deux- yi. >mêmes. Ils firent aussi très-prudemment réflexion, que vu fétat des choses Prtvikgeten ce tems-là,il falloit des sommes immenses pour les redressererttierement; ^? iTe& que fi cela étoit connu, les intéresses deviendraient inquiets & défiant,

Sc par cette raison ils eurent la précaution de ne pas Jes admettre à voir kspetpétuellecomptes, ce dont ils navoient aucun sujet de se plaindre, tandis quils re- Indes

cevoient régulièrement un dividende raisonnable. Enfin ils prévirent, que bc._

quand le Commerce seroit une fois fur un bon pied, en fortequil rapportât ,imrdes profits, il seroit souverainement nécessaire de les laisser accumuler pen-dant quelque tems, afin davoir un fonds suffisant tant en Europe que dans lesIndes ; or ils savoient bien que cela ne pourroit jamais se faire, si k-s inté-ressés avoient connoissance des affaires , parceque la pluralité décideroittoujours pour des répartitions actuelles, fans sembarrasser de ce qui pour*roit arriver dans la fuite. Ils íè précautionnèrent contre tous ces inconvé-niens dune maniéré dont tout le monde fut content dabord, parcequonnavoit rien à espérer encore, & que peu de gens pénétrèrent le but deces précautions, qui dans tout autre Pays nauraient pu réuflìr, quelquejustes & nécessaires quelles fuílènt (a).

Nonobstant la prudence de toutes ces mesures, les Ministres sentirent, p rm i mqu'à moins que lon ne fît promptement quelque chose qui parût ranimer J'ectursle Commerce, & qui le rétablît en effet, on verroit bientôt naître les foup- nielle ençons, qui feroient suivis de murmures ; deforte que tandis quils avoient delargent en main, ils jugèrent quil falloit mettre la Compagnie des Indes en«w»état de faire quelque chose dextraordinaire , qui répondît à la haute idée fait.que lon avoit conçue des avantages qui découleraient de cette grande ré-volution. On équipa donc trois Vaisseaux vers la fin de saunée /720, ri-chement chargés, non seulement des marchandises de lEurope, mais en-core dor Sc dargent (b). Rien de plus judicieux, car cela donna du crédità la Compagnie en Europe, fit hausser le prix de ses Actions, & excita ti-ne attente générale pour la fuite. Cependant les Ministres, qui étoient par-faitement instruits de fétat des affaires, ne pouvoient fe flatter par degrandes espérances ; ils savoient très-bien quil falloit faire encore beaucoupau-delà, pour mettre seulement les choses en train, pour rétablir un peu lecrédit & lhonneur de la Nation, & pour faire respecter son Pavillon auxIndes. Us ne laissèrent pas de donner le tour le plus favorable, & de traiterf affaire comme achevée, bien-quelle ne fût que commencée. Les Directeursordonnèrent aussi de bâtir au Port dOrient, <Sc dy faire desMagazins,com»me sils avoient attendu de grands retours : cela engageoit à-la-vérité à desdépenses, cependant comme ces Bâtimens pouvoient avec le tems être uti-les & nécessaires, autant quils fervoient aux vues présentes, on laissa faireles. Directeurs (c).

(ri) Hist. des Indes Orientales, T. III. p.274 . 375 -

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(b) Ibîd. p. 3C7.

(0 Ibid. p. 375.

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