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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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ip 5 CONQUETES, ÉTABLISSEMENS &c. DES FRANÇOISS E C T I O N VII.

Grands efforts produits par la sageffe des mesures , qui par degrés servent à for-mer deux Etabïffemens, que lon avoit jufques- regardés comme impossiblesen France, à établir m Commerce réel aux Indes, à assurer le Crédit pu-hlic. Lorsque la guerre avec la Grande-Bretagne s'alluma en 1 744 , la Courn étant plus en état de fournir les sommes nécessaires pour soutenir la Compa-gnie, on expose létat des affaires aux intéreffés, ce qui fait un mauvais effetimprévu pour le plan, qui jufques- avoit été fi sagement conduit .

Section O m M e les Directeurs des affaires de la Compagnie aux Indes ne pou-VII. vo i en t être instruits du grand changement arrivé dans son Etat en

îBi/toire France, ils furent extrêmement étonnés quand ils en reçurent la nouvel-le ìa Com- le, & quils virent arriver les Vaisseaux dont on a parlé. Les secourspagrJs&c. quil s recevoient, qui surpassaient leurs espérances, leurs vœux & même- leurs conceptions, sembloient comme tomber des nues; & étant accom-r° u f/f v0 'pagnés dassurances dune correspondance réglée dans la fuite, il est plusprennent aisé dimaginer que dexprimer la joie quils ressentirent. Cependant com-lesafaìres me en honnêtes gens ils employerent les sommes quils reçurent à payerauxlnàes, j eurs jettes en divers endroits des Indes , la meilleure partie fut absor-ftpr'es qtm ìà nar-, & ils ne purent renvoyer en Europe que de fort médiocreshem plus retours (a). Leurs belles espérances s évanouirent bientôt : la chute duque ja- Systême, ainsi quon lappelloit en France, peu après le départ desmis, tr ois Vaisseaux , mit les Directeurs hors détat pendant deux ans de te-nir leurs promesses & de faire partir un seul Vaisseau : ce qui exposaleurs Officiers des Indes à la raillerie des autres Européens, ruina de nou-veau leur crédit, & les réduisit dans une situation si fâcheuse, que lon peutdire avec vérité , que jamais depuis leur arrivée aux Indes les Françoisne sétoient vus en aussi mauvais état quen 1723. Des changemens siextraordinaires & si furprenans, étant ce quil y a de plus contraire à lanature du Commerce, dévoient produire de sinistres effets ; dautant plusque le Directeur de Pondichery, & ceux qui avoient la direction des au-tres Comptoirs,ne pouvoient, dans un fi grand éloignement,avoir aucuneidée des causes de cette conduite des Directeurs, & que peu ou point deconfiance pour leurs nouveaux Maîtres, après ce qui arrivoic (/-). Maiscomme il ny avoit point deremede,ils furent obligés de supporter leur mal-heur, tout grand quil étoit, du mieux quil leur fut possible, & de se con-soler, si lon peut parler ainsi, parla pensée que quelque tour que les af-faires prissent en France, ils ne pouvoient être de pire condition quiís né-toient. Mais larrivée de deux Vaisseaux lannée suivante, & de sept au-tres dans lefpace de deux autres années, commença à leur faire reprendrecourage & à rétablir leur crédit ; ils se trouvèrent aussi en état denvoyer enEurope quelques cargaisons; quoique médiocres, elles ne laissèrent pas ce-

pen-

(a) Hiít. des Indes Orient. 1 . c. p. 368. (s) Ibld. p. 369-