DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. IX. ïp7pendant de produire un bon effet, & de faire croire généralement tant en SectionE urope que dans les Indes, que le Commerce des François s’y maintiendroit, Vil.
& qu’iî réufsiroit mieux qu’il n’avoit fait jusques-là (a). fiMosre
Au milieu néanmoins d’un Etablissement en apparence solide & régulier, deìaCmn-la Compagnie perpétuelle des Indes portoit fur un fondement tel qu’on pagnien’en a jamais vu à aucune Société de cette nature, & qui mérite qu’on ct c.ne regrette pas le tems employé à y faire réflexion. Cette Compagnie a- JTVoit un immense Capital, mais de nom seulement, car réellement elle n’a-voit aucuns fonds; son Commerce tel qu’il étoit prescrit par l’Edit d’U -cmpagnienion, étoit incomparablement plus étendu que celui d’aucune Compagnie des indes,de Commerce de I’Europe, &les moyens de le faire infiniment moindres (/?).
Une autre circonstance non moins extraordinaire que les deux autres, c’estque les Directeurs de cette puissante Compagnie, quels qu’ils parussent auxyeux du Public, étoient eux-mêmes dans la dépendance du Ministre-d’Etat,pour ce qui regardoit les ordres, les Vaisseaux, J argent & tout le reste;avec cela le tems & l’expérience ont appris, que ces marques de faiblesse'& d’instabilité semblent avoir été les sources de leur bonheur (c). Car lesDirecteurs, n’ayant en cette qualité que le droit d’expliquer, l’état des affai-res & leurs besoins, n’étoient point exposés à la tentation de déguiser lavérité; d’autant moins, que s’ils l’avoient fait, cela se seroit découvert, &les auroit fait révoquer ( d ). D’autre part, les Ministres sachant qu’ils ne ‘pouvoient se soutenir qu’en maintenant le crédit public, eurent soin de four-nir aux Directeurs les secours nécessaires, pour faire aller toujours leur Com-merce , afln que leurs progrès confirmassent le Public dans f opinion qu’ilavoit du rétablissement de leurs affaires. Cet ainsi que la balance , quidevoir en partie son origine à la nécessité, & en partie au hazard, futplus heureuse dans íes opérations, qu’aucun autre plan que la prudence hu-maine eût pu former (e) (*).
Ce
(«) Hist. des Indes Orient. 1 . c. p. 369. (ef) Sur des informations particulières.
(b) Hist. de la Compagnie des Indes, (e) Dictionnaire de Commerce, T. IL
T. III. p. 585. Col. 1087.*
(c) Hist. des Indes Orient. T. 111 . p. 368.
(*) II ne peut y avoir de preuve plus forte de la vérité de cette excellente maxime, quele Gouvernement où Iadministration est la plus sage, est auífi le meilleur de ceux quisubsistent dans le même tems, que cette conduite du Ministre de France envers la Com»pagnie des Indes. II y a certainement plusieurs défauts dans le Gouvernement absolu,& quantité d’avantages dans un Gouvernement libre par rapport au Commerce: par cetteraison dans le premier le plus haut point de sagesse du Ministère consiste á trouver desexpédiens pour remédier à quelques-uns de ces défauts, & des moyens plausibles de cou-vrir les autres. C’est non feulement ce que firent les Ministres de France, mais ils tire-rent du chaos où tout tomba a la chute du Système, un plan de Commerce universelplus parfait, parcequ’il étoit plus praticable qu aucun de ceux qu’avoient formé Riche-lieu & Cúlbert ; & s’ils ne le dirigèrent pas d'abord de ia façon la plus avantageuse, ilssurent cependant le maintenir, & mirent avec une adresse admirable les Etablìsseinensde la Louisiane fur un pied à n’avoir pas besoin des soins de la Compagnie fansperdre de vue les affaires des Indes. Celles-ci 11'e furent pas si aisées à mettre en or-dre, ils rencontroieut tous les jours de nouvelles difficultés au dedans & au dehors, qui
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