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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. IX. 201

Il se passa néanmoins quelque rems, après le'commencement de la guer- Sectionïe, avant que la Compagnie ou le Public soupçonnassent rien de pareil. Au VU.contraire la Compagnie se conduisit, comme croyant dans une pareille oc-currence quil étoit de son devoir de donner du secours à lEtat. Tout cela dc ìnCun-ne se faisoit néanmoins que pour tenir Fétat des affaires aussi caché quil é- pagnie

toit possible, & aussi longtems quil pouvoir Fêtre : & comme les dividen- _

des se payoient ponctuellement , les Actions demeurèrent à un fort hautprix, ce qui ne donna pas peu de crédit à la Nation (a). Les Actionnai- rentkpìusres croient même si éloignés davoir la moindre idée du véritable état des longtemchoses, quils désapprouvèrent le zele des Directeurs, &quils regarderont lem 'les offres que ceux-ci avoient faites pour le service du Roi, comme une ^ í 0 V wIepreuve convaincante què le Commerce des Indes se faisoit au profit duRoi, contre les promesses quon leur avoit faites (b). Ce soupçon sétantune fois répandu, fut généralement adopté, au moins de ceux qui étoientintéressés dans les fonds de la Compagnie, qui se persuadèrent fermement,que si lon navoit pas fait entrer dans les Coffres du Roi une partie du pro-duit des ventes considérables de la Compagnie, on auroit pu porter leursdividendes à quinze & même à vingt pour cent; fondés-dessus, au-lieudêtre reconnoissans de ce quils avoient, & de tout ce que lon avoit faitpour eux, ils murmurèrent de ce que les Directeurs tenoient tout secret,de ce quon les privoit non seulement du ménagement mais de la con-noissance de leurs propres affaires, & que quelque bien quil en revînt àF Etat cela ne changeoit rien à leur égard, à qui lon faisoit par- la plusgrande injustice. Tant il est aisé aux hommes de se faire illusion, de se per-suader hardiment que les choses font telles quils les souhaittent, uniquementparce quils le souhaittent, & de faire de leur intérêt la réglé de leurs désirs& de leurs opinions (c).

Mais la guerre avec la Grande-Bretagne augmentant les dépenses de la Iksont an.France dune paît, tandis quelle dimmuoit ses revenus de Fautre, le se-fi" obligéscret se découvrit à la fin, & M. Orry fut contraint de déclarer aux Direc- d ' in t h ,: - Te

dcl y affaire

teillS [ es /Hdion-

(b) Hist. des Indes Orientales, T. III. mtP- 375-

(c) Sur des informations particulières.

fort loin à lun & àPautre égard Maznrin, Colbert & l.ouvois marchèrent constamment &heureusement fur ses traces. Nous avons vu cependant que ces Ministres ne perdirent pasde vue lautre partie du plan, Colbert fur tout lavoit fort à cœur, bien-queies circonstan-ces ne favorisassent point ses .mesures durant son Ministère. Mais le Cardinal de Fleuri,conjointement avec les Ministres auíli actifs que modérés quil mit dans les affaires, vo-yant que le teins étoit favorable, & de quelle importance il étoit de travailler à Pexécu-tion de cette partie du plan du Cardinal de Richelieu, qui resloic encore, ils sapplìque-rent avec autant daffiduité que de- secret, profitereut íi adroitement des moindres avan-tages, amusèrent & cajolèrent ceux qui seuls pouvoient les traverser fi subtilement, quefi leurs projets neussent été déconcertés par les auteurs de la derniere guerre, iis auroienten peu dannées réussi, & toute lIìurope auroit vu avec étonnement la Compagnie Fran-çoise des indes y faire une figure, que leurs plus habiles Politiques auroient crue impossi-ble (i).

fi) Sur des informations partiçtilieres,

Cc

(a) Voyez les Gazettes de Paris durant lespremieres années de la guerre.

Tome VIII.