202 CONQUETES, ÉTABLISSEMENS &c. DES FRANÇOISSection teurs de la Compagnie des Indes , que Fétat des affaires du Roi ne lufVIL permettoit plus de leur donner les mêmes secours' qu’il avoit fait jufqu’a-lors, desorte qu’il falloit qu’ils se soutinssent par eux-mêmes , & qu’ils( le í a O C 0 m. Ment à l’avenir leur Commerce du mieux qu’il leur seroit possible (a).pagnie Ce coup imprévu renversa l’édifice qu’on avoit élevé depuis tant d’an-nées, & 6t tomber les Actions de la Compagnie de deux-mille & au-delà.à huit-cens (/-). La principale cause de cette chûte, furent les proposi-tions que M. Orry fit aux Directeurs ; que les Actionnaires fissent denouvelles souscriptions fur leurs Actions, ou que leurs dividendes fussentretranchés pour un certain tems, ou enfin qu ils s’accordassent entre euxpour réunir ces deux moyens, en avançant une partie en argent comp-tant, & en faisant entrer leurs dividendes en ligne de compte pour lereste (c). Le motif qui engagea le Ministère à révéler le secret, ce futle besoin d’argent pour continuer le Commerce des .Indes, sachant bienqu’une interruption passagère même le ruineroit ; & comme l’Etat ne pou-voit plus fournir les sommes nécessaires , il falloit que les intéressés ypourvussent. On répondit à cela, que jufqu’alors les intéressés n’avoientpoint gagné à ce Commerce, qu’on ne leur avoit pas rendu un comp-te général, & que de l’aveu même des Directeurs on ne leur en auroitpoint rendu fans cet incident par lequel ils assuraient que leurs fondsavoient déja perdu la moitié de leur valeur , & pourroient vraisembla-blement perdre une partie de la valeur de Fautre moitié, desorte qu’ilsétoient moins en état de satisfaire à ce qu’on demandoit, qu’ils ne Fau-roient été pendant la paix , & lorsque leurs Actions étoient au plus hautprix, qu’une pareille proposition auroit été même fort onéreuse(ch.
M. Orry leur répliqua qu’ils n’avoient aucun sujet de fe plaindre dufifieni ks ou de ses Ministres, qui avoient jufques-là soutenu leur CommerceObjcâìm pour leur avantage sans qu’ils y eussent contribué en rien ; que s’ils n’a-faites con- voient pas eu de profits du Commerce, c’étoit parce qu’il n’en avoit pasire kurs rapporté, & cela non par aucun défaut d’administration, ni parce qu’il nepropifittons z'àoit pas fait avantageusement, mais à cause du poids immense de det-tenirle tes dont leur premier Etablissement étoit chargé, au payement defquellesCommerce, les profits du Commerce fervoient, & des prodigieuses dépenses que laCompagnie avoit faites tant en Europe que dans les Indes pour mettreleur Commerce fur un pied solide & sûr (e). Que pour dissiper tous lesdoutes fur ce' sujet, on leur seroit voir un compte général de le'ur Com-merce, par lequel ils ver r oient qu’il avoit toujours augmenté, bien-quelentement, & que dans les dernieres années fur-tout il avoit extrêmementfleuri (/). Que par-là ils pouvoient aussi s’assurer, que bien loin d’êtredans un état désespéré, nonobstant F absolue nécessité d’une somme pour
le
(«) Mercure Hist. & Polit. T. CXVII. p. (c) Ce Discours a été inféré dans les497- _ Gazettes.
(b) Sir des informations particulières, & 00 Sur des informations particulières,
fur les Nouvelles publiques, (ct Hist. des Indes Orient. T. III. p. 374.
(.f) Mercure Hist. & Polit, ubi sup.