2ïS CONQUETES, ETABLISSEMENS &c DES FRANÇOISSection Ces projets étoient fans - contredit grands & magnifiques, dignes deS VIII. Richelieu & de Colbert , qui en étoient les auteurs, & en mëme tems ilsDesçrip■ j-pétoient nullement impraticables ni romanesques. Lien-que le climat neIíles^de fût ni aussi sain ni aussi agréable qu’ils le rèpréfentoient, il étoit cependantFrance ô” assez bon& le terroir extrêmement fertile: fille ne manquoit pas de bonsí/íBour- Ports; on y trouvoit en abondance tout ce qui est nécessaire à la vie ; pourdon (esc. ne r j en ffir e des mines d'or, de fer & de plomb, qui y font certainement;' LmrS ~ le coton, la cire, le sucre, le poivre blanc & noir, le tabac , findigo ,espérances fébene à quantité d’autres marchandises de prix auroi nt non seulementn étoient suffisamment défrayé les dépenses qu on auroit faites , mais rempli les pluspas fans àautes espérances. Le succès n’y répondit point, cela est certain; maisapparence. ailleurs Auteurs conviennent que ce ne fut pas la faute du Pays, maiscelle des Entrepreneurs. Le tems & fexpérience ont fait voir, que le planqu’on fuivoit étoit non seulement sage mais absolument nécessaire : ce-pendant les François font redevable^ au hazard des avantages dont ils fontactuellement en possession (a). Car quoiqu’il y ait longtems qu’ils ayent a-bandonné Madagascar, comme on l’a vu, ils sont maîtres de quelques Islesvoisines, qui font d’une telle importance, que fans cela il leur feroit diffici-le de maintenir ce qu’ils ont de Commerce aux Indes, comme on le verradans la fuite, bien-que dans leurs Relations de ce Commerce ils parlent àpeine de ces Isles & n’en font pas la description.
La principale est celle qu’on appelloit autrefois Mascaregne , ou plus cor-rectement Mascarenhas , du nom d’une illustre famille de Portugal," mais ily a longtems que les François lui ont donné le nom d’IJle de Bourbon j elle
gît
Cgi) fauche, Flacourt, Rennesort.
dépendroit durant tout le tems de la conduite sage, constante & uniforme des Directeursen France & de ctux qu’ils employeroient au dehors; desorte qu’ils prévoyoient, & nese trompaient pas tout-à-fait, que tout beau & praticable que paroissoit ce projet i), iln’auroit que peu ou point de succès quand on en viendroit â l’exécution. 11 ne fautpourtant pas se précipiter à juger par-là desavantageusement de la Nation Françoise, par-ceque si nous considérons combien il a fallu de tems, combien il y a eu de Compagniesformées & ruinées pour établir nos Colonies dans la Virginie & dans la Nouvelle Angle-terre, nous comprendrons fans peine quelle difficulté il y a pour quelque Nation quece soit, de mettre fa premîere Colonie en bon état. II est vrai néanmoins , comme nousl’avons expHqué ailleurs, qu’il y a volt des défauts dans les premiers Entrepreneurs Fran-çois, auxquels rien ne pouvoit remédier que d’être fous les ordres d’Officiers habiles,expérimentés & désintéressés, qui fans fe mêler du Commerce auroient pu applanir lesvoyes pour en faire un fort grand, en distribuant & faisant fleurir toutes les plantationsnécessaires dans les Isles voisines & le long des Côtes de Madagascar, bi l’on n’a pas eudes personnes de ce caractère, le blâme n’en retombe point fur M. Colbert, qui ne pou-voit que choisir, & non former des gens propres à son service. D'autre part, fl la Com-pagnie fe précipita trop à l'égard de ses Colonies, ou fl , comme la vérité est , ceux qu’el-le y envoya fe conduisirent mal, & ruinèrent l’entreprise, on ne peut tirer de-là aucunargument contre ce qui est avancé dans le Mémoire publié par les ordres de ce grandMinistre ( 2 ): observation répétée plus d’une fois, parcequ’elle mérite une attentiontoute particuliers.
Descrip-tion de/’lste deMasca-regne oude Bour-bon.
{1) Hist. des'Indes Orientales, T. III. p. irx.
fa) Essai fur le Commerce & fui le Maiiní >
p. 1 i6.