DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. IX. 217gît au vingt-deuxieme degré vingt-trois minutes de Latitude Méridionale, Section& au foixante-seizieme degré de Longitude, à l’Eft de Madagascar, & à ^ Y 111 -une petite distance de l’Iíle Maurice, ou JJle.de France. Nous avons déja^A'^*'insinué que les François y touchèrent, & l’exarainerent superficiellement a- jsles devant que daller à Madagascar ; il y a de l'apparence que ce qui les empêcha France ct?de s’y établir, c'est qu’il n’y a point de Porc. L’Iíle de Bourbon étant en dt Bo “ r 'quelques endroits impraticable, on n'en a pas déterminé exactement la Ion- bon ^ c ‘gueur & la largeur, mais un Voyageur, qui y a demeuré plusieurs mois,assure quelle a cinquante-sept lieues de circuit Ça). La plus grande partieest couverte de montagnes, mais en quelques endroits il y a-d'agréables &belles plaines. II y a dans la partie du Sud un Volcan qui répand dans lesvallées des torrens de souffre & de bitume, qui rendent la terre aride & in-fertile , ce qui fait que les habitans rappellent le Pays brûlé. Le rivage toutautour est haut & pierreux, desorte qu’il n’y a point de Ports, ce qui estUn inconvénient; il y a cependant pluíieurs bonnes rades, entre autres deux,l’une à l’Ouëst & l'autre du côté du Nord-Est (/;). Quant à la figure el-le est irréguliere, desorte qu’il est difficile de décider par les Cartes fi elleest ronde ou longue (*).
L’air de cette ìíle est fort sain, & les gens y parviennent à une extrême climatvieillesse, fans avoir d’infirmités ni de maladies. Ils en font redevables à Terroir &une fâcheuse cause, qui est un ouragan annuel, qui chasse tout le mauvais P/educ-air, & rend l’air pur & sain. On a remarqué que lorsque, cet ouragan a- tí9m ‘voit manqué pendant une année, la santé des peuples n’avoit pas été fi bon-ne, & qu’il avoit régné dans fille une eípece de maladie épidémique, dont
plu-
OO le Gentil , Tour du Monde,T. III. (i) Du Bois, Relation de l’Isle de Lotir-p. 111. 96. bon.
(*) Dans le Mémoire du Sr. Antoine Thaureau, qtir eut commission de prendre pos-session de cette Isle au nom de la Couronne de France en 16Z4 » on assure que rifle adixlieues de largeur, & environ soixante de longueur : l'hmreauíi fes compagnons en ayantfait le tour en onze jours, ils trouvèrent la partie du Nord-Kst de rifle très fertile &agréable , & bien arrosée. Quant à la partie du Sud-Eít, qu’ils croyent qui a été enco-re plus fertile & plus belle, & qui a environ vingt lieues tl’étc-ndue, elle étoit endere-ment brûlée & réduite en charbon, ce qu’ils attribuèrent à la foudre. Ils estimèrent quela partie du Sud-OuëíV pouvoit avoir six lieues d’un assiz bon Pays, avec un grand Lac& une belle Riviere; mais ce Mémoire représente une grande partie du Nord-E't commeinhabitable (1). Le Marquis du Qitefne fit publier en Hollande une Relation particulitrede cette Isle, fous le nom à''/!s d'Eden ; mais comme elle est visiblement dressée pourfaire croire que c’est un véritable Paradis, nous croyons qu’il vaut mieux n’en rien di-re, pareeque ce n’est point fur de paresses Relations qu’on peut juger sainement (2),
L’Auteur du journal du voyage de M. Du Quefiìé, qui à d’autres égards est exact & e sti-nié, connoissoit si peu cette Isle qu’il la confond avec Madagascar (3]; preuve que versla du siécle passé, il s’en falloit de beaucoup qu’elle fût estimée de ceux-là même quiétoient le mieux instruits des affaires de la Compagnie des Indes Orientales : car l’Au-teur de ce Journal, qui étoit à son service, ne la regardoit point comme une Place im-portante.
(1) Flaemrt, Hist. de la grande Isle de à la- (ì) Tournai du voyage de M. Du Qucfne, T,
8*sçai, Ch. Sj. II. p. 7.
U J Voy. de Le»uat , T. 1 . p. m. 50.
Tome FUI. Ee