238 CONQUETES, ETABLISSEMENS &c. DES FRANÇOIS
Section gnie y a présentement da crédit, &a part aux grandes affaires qui s’y font en. toutes sortes de marchandises & de manufactures des Indes, & sur-tout en'fwdcnii- belíe s toiles de coton, qui font les plus estimées de celles qui se fabriquentfioiredela aux Indes. On soupçonne que c est d’ici que les Jésuites vont aux Mines deCompagnie diamans, fur quoi l’on fait d’ctranges histoires, qui demandent cependantIndes qu’on en produise des preuves plus convaincantes qu’on n’a fait jiifqu’à-pré-c f c ' sent, pour y ajouter pleinement foi (a) (*). Quelques Auteurs François di-sent qu’il fait des chaleurs insupportables à Mafulipacan qui égalent cellesqu’on ressent à Gamron , & ajoutent que les grandes pluies qui tom-bent vers la fin de l’Eté font déborder les Rivières, ce qui fait qu’il estimpossible de voyager alors, que le séjour de cette ville est fort ennuyeux& l’air très - mal - sain ; â quoi ils auroient dû ajouter aussi que les habi-tans en reçoivent le même avantage que les Egyptiens tirent des débor-demens du Nil ( b ).
Commerce Ougìi fur la rive occidentale da Gange, à vingt-îieues de la mer, est leï oisfou" cení:re à Commerce du Golphe de Bengale , & l’on peut par cette Place seg ti&dcws ^aite une idée des grands avantages que les Etats du Mogol retirent du Com-merce des Européens ; car ce Port appartient à ce Monarque aussi bien quecelui de Surate, & est à peu près à l’autre bout des Indes. Les Françoisy ont un Comptoir très-íìorissant, fous l’inspection d’un Directeur-Génc-ral & d’autres Officiers ; comme il y en a à Pondichery, & généralementils reçoivent le meme nombre de Vaisseaux d’Europe, & y en renvo-yent autant (c). C’est de-là qu’ils trafiquent à Siam, à Camboye, à laCochinchine, & en d’autres Pays de la Prefqu’iíle au - delà du Gange, quiest proprement le Pays du Commerce. Les riches marchandises de tout ordre yfont communes, & par-là ils ont le moyen d’assortir les cirguaifons de leursVaisseaux.destinés pour France. Les Mines de diamant de Somelpour fontdans ia partie septentrionale de ce Royaume, & sont différentes de celle
de
tes richesb vastesEtats duMogol.
(a) Mifcellan. Curiofa, T. III.p. 238. (c) Dictionn. de Commerce, T. II. Col.
(/-) Hist. des Indes Orient. T. II. p. 121, 798.
IÎ2.
(*) II regue généralement parlant un si grand air de préjugé dans les Relations des en-nemis de ces Peres, & les faits qu’ils leur imputent font si extraordinaires, qu’un Lec-teur impartial a lieu de douter s’il doit ajouter foi à tout ou à une grande partie de cequ’ils racontent. 1! y a cependant des faits qui font appuyés de preuves faus répliqué,tel est celui-ci; qu’il y a environ un siecle. que fur l’avis donné par les Hollandois, ousaisit aux Mines dc diamans des Jésuites en habit de Faquirs; c’est - là un fait avér é (i),qui, si leurs intentions étoient tout-à - fait pures , auroit dû les guérir de l’envie de quitterleur habit pour prendre celui des Prêtres idolâtres, fous prétexte de faciliter les conver-sions; c’étoit alors leur maniéré, & ils ont continué cette forte de déguisement, nonobstantle grand scandale qu’ils donnent par-là. Un Auteur moderne, qui est un Ecclésiastiquede ieur Communion, les accuse de quelque chose de plus grave encore à l’égard d’un ri-che Courtier Indien, qu’ils firent condamner à un supplice honteux fur de faufles accusa-tions, comme cela parut, puisque la Cour de France annoblit ses parens, qui furent obli-gés de venir jufqu’à Versailles pour obtenir justice(2).
fl) Btsnage, Annal, des Provinces - Unies, T. ( 2 ) Norhrt, Mém. Hist. fur 1c Malabar, T«I. p. 6 - 4 . H- P- ,3 f a.