DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. IX. 239
de Golconde, où l’on tire les diamans de terre, au-lieu qu’ici ils íe Sectiomtrouvent dans le fable de la Riviere de Goual , dans toute retendue de son XI.cours, depuis les montagnes jufqu’à Somelpour, c’est-à-dire dans un efpa- 2 ^^.ce de cinquante lieues (a). La saison pour les- chercher est le mois d QjkireiieíàFévrier, quand les eaux font basses ; en ce tems-là il y a plus de dix-mil • Compagnele personnes occupées à tirer & à laver la boue & le fable de la Riviere. à IndesLes pierres qu’on trouve font fort belles, mais petites, & c’est d’ici queviennent celles que les François appellent Pointes. On juge par ces circon- ""stances, qu’il doit y avoir des Mines fort riches dans les montagnes, maiselles font inaccessibles, ce qui fait que les Habitans & les Européens fontobligés de fe contenter des pierres que les torrens entraînent. La Compa-gnie des Indes a auss un Comptoir à Pipeìi, & peut-être quelques autresplus petits, qui ressortissent à celui d’Oag/í, où ils ont occasion de trafiqueravec les Marchands de toutes les parties de l’Asie, Persans, Arabes, Guzu-rattes, Malabares, Turcs, Maures, Juifs, Géorgiens & Arméniens; dé-serté que c’est ici qu’il s fe défont de la plus grande partie de leurs mar-chandises d’Europe, & plus avantageusement qu’en nul autre endroit desIndes : b) (*).
La Compagnie Françoise des Indes envoye tous les ans des Vaisseaux à í«Fraa*la Chine, comme les autres Nations de l’Europe, & elle y fait un grand ÇOiS etm 'Commerce. Elle y envoye des marchandises, mais principalement de l’ar-gent, la valeur des marchandises n’étant guc-res que le dixieme de la car- Vmjsemtxgai son (c). Les marchandises'sent principalement des armes, comme Fu-á/«Chi-fils, pistolets, sabres richement montés, des pendules*des montres à répé- ne ‘tition, des galanteries d’or & d’argent, des camelots de diverses couleurs,,mais íur-tout bleux, rouges & canelle, différentes fortes d’étosses, des ta-pisseries, du papier, des crayons, des míb-umens de Mathématique, tou-tes fortes d ouvrages de verre & de cristal, plusieurs efpeces d’eaux distil-:!in Jées
(<?) Lutter , Voyage aux Grandes Indes, (c) Dictionnaire de Commerce, T. IV.
P- 47 - Col. 839.
(ii>) Tavermcr , tuilier , Guyon &c.
(*) II ne faut pas être surpris que les François attirent à eux ici, aussi bien qu’â Surate,un grand Commerce, pareequ’ils ont une étonnante facilité à s’accomnioder aux manié-rés ries Orientaux comme à celles des autres Narions. C’est par-là qu’ils entrent dansune liaison intime avec eux, & par leur souplesse L leur adresse ils les gagnent tellement,qu’ils ont les premiers avis, & qu’on a plus de confiance pour eux que pour d’autresEuropéens, qui méprisent ce procédé, & le regardent comme honteux pour leur Nation.
Mais d'autre part, il faut avouer que les Anglois & les Hollandois font mieux établisqu’eux , qu’ils ont été plus longtems en possession de ce Commerce , qu’ils le font avec plusde régularité & avec plus de dignité & de distinction; deforto que c’est pour contrebalan-cer cela, & pour remédier à quelques autres défauts, que les François font si fort la consaux Maures & aux autres Marchands Mahométans ; & il est visible par les progrès qu’ilsont fait dans ces derniers teins, que nonobstant tout ce que l’on peut dire contre la ma-niéré dont ils s’y prennent, elle leur réussit, & s'accorde fort bien avec les maximesqu’ontadopté les Gouverneurs & Directeurs-Généraux de Pondichery (i).
(1) Ta-utrnitr , Carré , Lullitr , Gfys», Norbert,