2§2 HISTOIRE DE LA COMPAGNIE SUÉDOISE.
Section suivirent avec le Danemarc & la Pologne, leur ôterent toute pensée de re-J- nouvelles léurs efforts pour se procurer quelque avantage par cet endroit-^nentdela ^ prévoyoient que dans quelque lieu qu ils entreprissent de s’établir,.Compagnie on pourroit leur contester leur droit , & que leurs Colonies courroìentde Suede. risque d’être attaquées par d’autres Européens plus forts fur mer, &parcela même mieux en état de faire valoir leurs prétentions bien ou malfondées.
Causes de Tant que les Suédois demeureront fort attachés à la France, qui don-dence'dans* 10 ^ c ^ es Eublides au Roi, & des pensions aux Seigneurs, leurs Conseils sui-h fuite, 'voient ^ es vues de la Cour de Versailles; & tandis qu’ils étoient tout oc-cupés du désir de la gloire & de projets ambitieux, ils épuisaient leur Paysd’hommes & d’argent, dans f espérance d’étendre leurs conquêtes, au-lieitde travailler à faire valoir leurs terres, & à pouffer leur Commerce (a). IIest vrai que Charles XI. vers la fin de son régné eut d’autres vues , & suivitun Système différent, qui tout avantageux qu'il fut à la Couronne,, fut très-préjudiciable aux Sujets. Ce fut lui qui conçut le dessein de se rendre ab-solu en Suede, en quoi il réussit, en gagnant la confiance du Peuple, enadministrant la justice sans partialité, en réprimant Finsolence de la Nobles-se, & en dévoilant les malversations des Etats, II fit cependant quelquechose pour le Commerce de ses Sujets, & il auroit fait davantage s’il eûtvécu plus longtems ; il savoit que pour enrichir le Roi, il faut que le Peu-ple soit riche ; par cette raison il mit plusieurs choses fur un nouveau pied ,il encouragea ses Sujets à faire eux-mêmes leur Commerce, fit tout ce qu’iljugea de plus propre à contribuer à les tirer de la dépendance des Etrangers,.& à les engager à transporter leurs marchandises dans leurs propres Vais-seaux (/-). Mais la minorité de son Successeur fit évanouir ou au moins né-gliger ces avantages, & Charles XII. son fils ayant toujours été en campagne -aussitôt qu’il fut en âge de faire la guerre, ne fit presque rien pour le bon-.heur de ses Sujets, tandis qu’il se rendit fameux en qualité de Héros ; carvers la fin de son régné la Suede étoit tellement épuisée, qu’il ne restoit-. gueres que des vieillards & des en fans dans le Pays, qui étoit appauvriau dernier point, & le Commerce & la Marine étoient fur un plus mau-vais pied que jamais ; pour ne rien dire de la perte de plusieurs des plu$ ;belles Provinces, qui fournissoientles meilleures marchandises pour le mai mtien du Commerce (c) (*).
Mai*
(a) Etat présent de la Suede, Ch 22. (c) Hist. de Suede, -T. III. p. 795.
(jb) Vie de Charles XI.
visa alors en trois Provinces, la Nouvelle Turck, la Jersey Orientale & la Jersey Occise* 1 'taie i c’est dans cette derniere que sont les Places fondées par lés Suédois (1) , & il p^‘roît par les améliorations qu’on y a fait depuis,, que le projet des Suédois étoit très-pratficable, & ques’ils l’avoient poussé il leur auroit été fort avantageux. Mais en ce terns-l 1 *ils étoient peu propres à des entreprises de cette nature, qui n’aboutissent à rien , lobqu’elles ne font pas soutenues dans les commtncemcns, comme cela arriva ici.
V) De ce nombre sont la Livonie , grande & fertile Province, une partie de la P 00 ^
(1) Biltish Emilie îst Ameiica, Val. I» p.