Section
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La Com-pagnie estmaintenuenonobstantles oppo-sitions.
La Com-pagnie deSuedecontinueson Com-merce à laChine/**vec succès.
29 2 HISTOIRE DE LA COMPAGNIE SUEDOISE
voir donné lieu à ce dont la Cour de Suede se plaignoit, bien loin de-Ià,& qu’ils croyoient la Régence de Batavia trop prudente pour en agir ainsifans des ordres exprès, mais que leurs dernieres Lettres du 8 de Décem-bre i 7 Z 2 , ne faisant aucune mention de ce fait, ils ne pouvaient donnerd’autres lumières à Leurs Hautes Puissances, & qu’ils les prioient de pou-voir différer à les informer, jusqu’à ce qu’ils eussent reçu des avis des In-des , de quelle maniéré la chose s’étoit passée. Les Etats firent savoircette réponse au Ministre de Suede , ajoutant qu’ils pouvoient assurerqu’ils n’avoient donné de leur part aucun ordre, non plus que la Compa-gnie, & qu’ayant toujours eu une sincere intention de vivre en bonne ami-tié avec Sa Majesté le Roi de Suede, & de cultiver la bonne intelligencequi fubsistoit entre les deux Nations , ils étoient encore dans les mêmesfentimens. Le, Vaisseau ayant été relâché à Batavia, revint peu de teinsaprès, ce qui facilita un accommodement ; & depuis ce tems-là on a évitétous les procédés de cette nature, & on a laissé faire aux Suédois leurCommerce à la Chine, comme les autres Nations, fans les troubler en au-cune maniéré (a).
Bien-que leurs premiers voyages ne rapportassent pas autant de profitcu’on avoit espéré, ils furent pourtant assez heureux ,& la Compagnie Sué-doise établit un Comptoir fur la Rivière de Canton, du consentement desChinois, qui parurent fort contens de ces nouveaux venus, & disposés àfavoriser à tous égards leur Commerce, deforte qu’ils s’y trouvèrent bien-tôt furie même pied que les autres Européens (b). 11s rencontrèrent à-la-véri-té quelques difficultés en Suede même, la Compagnie étant obligée de feservir de nombre d’Etrangers en toute forte de qualités pour faire sonCommerce avec plus de succès, & n’y ayant point de Nation naturellementplus jalouse que les Suédois, ce qui donna lieu à beaucoup de plaintes, sur-tout parmi le peuple ; on les appaifa en quelque façon, en publiant un or-dre, selon lequel à l’avenir au moins les deux tiers des Mariniers devroientêtre de§ Suédois naturels ; mais comme l’exécution de cet ordre parut vi-siblement difficile & sujette à des inconvéniens, le peuple même fut con-vaincu de fa premiere erreur, «Si que la Compagnie n’avoit fait que ce à quoielle étoit autorisée par son Octroi, «St çè que les circonstances des affairesrendoient nécessaire , íur-tout dans les commencemens. Depuis ce tems-làla Compagnie de Suede a toujours équipé régulièrement des Vaisseaux &reçu des retours, qui fe vendant aux Etrangers ont fait entrer de grossessommes dans le Royaume. Cependant, comme une grande partie de cetargent a dû refortir pour faire le Commerce , cela a occasionné de nouvel-les plaintes de ce que l’on portoit tant d’argent aux Indes. On ne doit pasen être surpris, pareeque le Commerce en Suede , quoiqu’il ne soit pasconsidérable , produit annuellement par la balance beaucoup d’argentcomptant, comme nous le savons par expérience, puisque les deux tiers dutrafic que nos Anglois y font, ne fe fait qu’en argent ; & il en est de-méme
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