DES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. CïíaP. XI. Spi
Cette Lettre ayant été communiquée à la Cour, le Roi de Suede ordon- Sectionna à son Ministre à la Haye de présenter un Mémoire aux Etats - Géné- II.raux, avec une Copie de la Lettre annexée, ce qu’il fit le i r d’Août 1733 (d). La Com -II dit dans ce Mémoire que Sa Majesté Suédoise n’a pu sans une surprise ^maìntlnueextrême regarder le procédé auslì injuste que violent des Hollandois, que nonobstantcomme absolument contraire à l'amitié & à la bonne intelligence , que oppa-Leurs Hautes Puissances ont assuré le Roi de vouloir toujours entretenir a- s ltiom -vec Sa Majesté & ses Sujets ; d’autant plus, qu’en répondant aux Mémoi- Le Mií ^ mres précédens, les Etats avoient déclaré qu’on ne contredisoit pas le droit fi re de*"de Sa Majesté, & que Leurs Hautes Puissances n’avoient pas intention Suede à lade le disputer, quoiqu’elles ne pussent pas d’ailleurs favoriser la Compagnie H V e ende Suede; qu’en conséquence Sa Majesté ne pouvoit penser que LeursHautes Puissances pussent douter que cette Compagnie ne fût Suédoise, & ' mn 'dûement autorisée, bien-qu’il pût y avoir, comme dans toutes les autresCompagnies, & dans la leur propre, des Etrangers intéressés : qu’il n’y a-voit pas une ombre de raison à alléguer, que ce Vaisseau ne se fût pas te-nu dans les bornes prescrites. Desorte qu’un procédé si désobligeant &presque ennemi contre le Roi & son Royaume, étoit d’autant plus offen-sant pour Sa Majesté Suédoise, que l’on n’y avoit pas même usé de cetégard que toutes les Nations ont constamment pour les personnes revêtuesdu caractère de Ministres Publics, qui est sacré parmi toutes les Nations.
Que nonobstant que cette action fût des plus dures, Sa Majesté avoitencore cette juste idée, que Leurs Hautes Puissances n’avoient pas non feu-lement donné ordre à ces excès commis contre le Vaisseau nommé Fré-déric Roi de Suede , mais qu’elle pensoit que Leurs Hautes Puissances vou-droient ordonner, en cas que cela ne fût pas déja fait, de faire relâcherfans aucun délai ledit Vaisseau Suédois avec toute fa charge & son équi-page ; & de faire donner une satisfaction juste, suffisante & proportionnéeà f affront fait au Roi & au Royaume, par l’insulte faite à son MinistrePlénipotentiaire, de-même que la réparation de la perte & des dommagessoufferts par la Compagnie de Suede. L’Envoyé ajoutoit, que Sa Majestélui avoit ordonné de requérir Leurs Hautes Puissances, qu’il leur plût dedonner leurs ordres, pour que le second Vaisseau Suédois, nommé Ul-rique Eléonore , pût revenir des Indes Orientales librement & fans empê-chement , & qu’il ne lui fût fait aucune injure par la République ou fesSujets ; Sa Majesté étant fermement résolue de protéger fes Sujets, & deles maintenir dans la jouissance de l’Octroi qu’elle leur avoit accordé pourle Commerce aux Indes.
Les Etats voyant par le ton de ce Mémoire , que l’affaire pouvoit de* i Ci Utauvenir sérieuse, & ne voulant pas qu’on pût les soupçonner d’avoir eu h U la Com-moindre connoissance de ce qui s’étoit fait, envoyerent d’abord le Mémoi -pagnie «ri-re aux Directeurs de la Compagnie des Indes, pour savoir d’eux ce qui cla Fí nt , ntpouvoit avoir donné occasion à cette conduite de la Régence de Batavia.
Les Directeurs répondirent, qu’ils n’avoient donné aucun ordre qui pût a- «ra-voir dr n •
(ct) Rouset, T. VIII. p. Zéo.Oo 2