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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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DES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. XI. 295

& d’oublier autant qu’il est possible les intérêts de leur Patrie, tandis qu’ils Sectioiís’occupent de cette tâche, parcequ’ils ne doivent avoir pour objet que lavé- III.rite feule, qu’ils font obligés de mettre dans le plus grand jour qu’ils peu- dtlvent, en laissant aux autres le foin d’appliquer les faits qu’ils rapportent, ou des indesd’en tirer des conséquences. Nous nous flattons que l’on s’appercevra que pour /esç’a été là notre grand but dans cette difficile partie de notre Ouvrage , où Suédoisnous avons exposé le mérite des différentes Nations, qui ont été rivales en & c ’ce qui est la véritable source d’un Commerce étendu, comme il paroît claire- 1

ment par cette Histoire, & particulièrement par cette Section : nous la ter-minerons en démontrant ce que nous venons d’avancer, & nous justifieronspar-là ce que nous avons dit en commençant.

Nous avons suivi dans le fil de l’Histoire Tordre chronologique, commet Com-il convenoit, & nous avons parlé des découvertes & des conquêtes des ™ e, ' ce t!esEuropéens, selon Tordre du tems ou ils les ont faites. Mais un Lecteur at-tentif doit s’être apperçu il y a longtems, que ç’a été auffi, par la nature cejjìvcmcntdes choies & par le progrès successif des Arcs , une espece d’ordr e par tonsgéographique. Nous avons commencé au tems où le Commerce des /£i ’-tanIndes étoit entre les mains des Vénitiens & des autres Etats d’Italie', àcause qu’ils étoient voisins de TEgypte, qui étoit alors le centre de ce r0 p e .Commerce. II passa ensuite entre les mains des Portugais, après qu’ils eu-rent découvert la route directe par mer , en doublant le Cap de Bonne-Espérance ; ensuite les Espagnols, par émulation, y eurent part en décou-vrant un nouveau passage par le Détroit de Magellan. Les Anglois & lesHollandois, provoqués par les Espagnols, & avides d’avoir part aux riches-ses qu’on apportoit de ces Pays éloignés, y envoyerent auffi leurs Flottes ;les Danois à leur tour visitèrent ces mers reculées, & les Suédois ont étéles derniers, par rapport au tems de leur Navigation, & par rapport à leursituation dans la partie la plus éloignée, car ils font presque le tour du Glo- ■be en allant à la Chine (*).

Nous

(*) Le Lecteur sentira mieux la force de cet argument, en considérant combien la di-stance & la difficulté augmentent par cette rétrogradation de correspondance. Les Por-tugais étoient de tous les Européens les plus voisins des Indes ; & les premiers Paysqu’ils visitèrent furent les Côtes de Malabar , qui étoient auffi les plus voisines d’eux.

Avec les Suédois c’est à tous égards précisément le contraire. La Sue de est non feu-lement de tous les Pays de l’Europe qui ont fait ce Commerce, le plus reculé , maisils vont auffi dans les parties les plus éloignées des Indes, en forte que la disproportionde la Navigation est évidente. Elle fera plus frappante encore, si nous examinons lasituation des Pays fur le Globe , nous verrons alors que quand un Vaisseau Suédoisdouble le Cap de Bonne-Efpérance, il est deux fois ou davantage plus éloigné de Stock-holm, que lorfqu’il arrive à Canton. La chose sera plus sensible encore en fe rappellantque les terres de Suede confinent à celles de la Russie , & que la frontière opposée de laRussie confine à la Chine; deforte que si Canton étoit fous le même parallèle de Latitu-de, la distance entre ces deux villes ne feroit que de deux-mille-six-cens milles; au-lieuque le tour que les Suédois font par mer, la fait d’onze-ufille milles ; & dans toute cet-te longue traversée ils n’ont pas un seul Port à eux, où ils puissent trouver des ra-sialchissemens & du secours , & où en cas de besoin ils puissent passer l’hiver ou se-radouber.