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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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SfiCTION

III.

Utilité duCommerceda Indespour lesSuédois&c.

Nouvellepreuves derimpor-tance &désavan-tagés de ceCommerce.

296 HISTOIRE DE LA COMPAGNIE SUÉDOISENous pourrions hardiment conclure de-là, quand nous n’aurions pas d’au-'tres argumens plus directs, que ce Commerce doit avoir été très-avanta-geux à toutes les Nations qui en ont été en possession, puisqu’il n’y a queles succès qui produisent de sémulation, n’y ayant pas eujusquici de Peupleassez stupide pour envier aux autres des malheurs, ou pour vouloir parta-ge^ ce qui ne faisoit aucun bien à leurs voisins. Au contraire, lorsqu’uneNation, par de fausses mesures, par un défaut d’œconomie, ou par des ac-cidens imprévus, a jugé à-propos d’abandonner une certaine branche deCommerce, rarement une autre l’a-t-elle prise, au moins qu’après un assezlong espace de tems, & lorsque la mémoire de cet événement étoit pres-que ensévelie dans l’oubli. Mais dans le cas dont il s’agit, ceux qui ont en-trepris le Commerce des Indes, y ont été certainement excités par de jus-tes motifs ; ils ont vu que la puissance à les richesses des Etats Maritimesqui l’ont fait, ont augmenté ou diminué à proportion qu’ils ont pu le con-server. Les Vénitiens en furent dépouillés peu à peu, & leurs richessess’épuiferent aussi par degrés, & leur Marine s’affoiblit. Les Portugais fi-rent rapidement des conquêtes, & nonobstant cela leurs richesses Sc leurpuissance augmenterent avec la même rapidité; & ayant été plus lentementchassés de leurs conquêtes, leurs richesses & leur puissance ont diminué dela même maniéré : enforte qu’après avoir été les maîtres des Mers où leursFlottes paroissoient, ils font à peine en état de défendre les pauvres débrisde leurs vastes possessions, & se voyent même insultés fur leurs côtes parles Corsaires de Barbarie. Les Espagnols, comme nous savons fait voiren son lieu, ont fait très-peu d’usage de leurs Etablissemens en Orient, &par cela même en ont retiré peu de fruit. Les Anglois & les Hollandois a-voient à peine une Marine quand ils commenceront le Commerce des In-des, & au bout d’un demi-siecle ils fe disputèrent l’empire de la Mer a-vec de nombreuses Flottes, Sc avec une opiniâtreté inconnue depuis queles Romains Sc les Carthaginois avoient combattu pour le même sujet. LesFrançois ont souvent tenté, même avec des forces assez considérables , de§’établir dans les Indes, & à la fin ils y ont réussi jufqu’à un certain point;on en voit l’effet, & on le verra encore dans la fuite, si le Ministèrecontinue à y veiller ; parcequ’il est nécessaire, par la constitution de leurGouvernement, qu’ils soutiennent ce Commerce, & en général toutes lesbranches de celui qu’ils font. La Compagnie d’Ostende allarma toutes lesPuissances intéressées au Commerce des Indes, Sc s’il n’eût pas été avanta-geux les intéressés n’auroient pas lutté si fortement contre une suppressionque l’on obtint enfin par force. Les Danois négligèrent leur Etablissementde Tranquebar, parceqù’ils manquoient de fonds pour le soutenir; un acci-dent leur procura la protection de la Cour, & depuis ce tems-là leurs affai-res ont toujours été fur un pied florissant. Les Suédois, avec tous lesdésavantagés imaginables, ont été assez hardis pour tenter ce Commer-ce , & ils ont montré Ja sagesse de leur conduite par la régularité avec la-quelle ils l’ont maintenu depuis plus de vingt ans, & selon les apparen-ces ils le soutiendront, & peut-être l’étendront-ils, quand ils sentirontdans leur Pays les effets des changemens que les douceurs du Commerce

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