HIST. DE L’EMPIRE OTHMAN. Liv. XVIII. Chap. I. S75
de ce nom, on ne voit pas de raison pourquoi les Othmans auroient plus de Originedroit à ce nom que les Turcs Selgiucides, qui dérivent leur origine à'Oguz auíïì tles Otho>bien qu’eux. Mais on peqt très-bien soupçonner la généalogie qu’on donne à"/ ^ 'de la race d’Ogwz, d’étre forgée, &peut-étre meme Oguz detreunpersonna- mien L» -ge chimérique; car Saadi Effendi , le plus célébré Historien Turc, en par- mtnccmcHi.le comme étant douteuse, & pas suffisamment appuyée de preuves par ceux 'qui la produisent (a).
Les Arabes & les Persans ayant rendu le nom de Turcs fort méprisable en Le nm tìeOrient, comme emportant grossièreté & barbarie, la Porte Othomane dé- Turc e fidaigne d’étre appellce la Cour dur que ; le terme de Turc n’est employé que dans 0!lieiiX -des phrases particulières, comme, Turkije Billiurmijin? Ce qui veut dire, En-tendcz-vous la Langue Turque; & ce seroit parler improprement de dire, Oth-ìnanìje Billiurmijin , car Qthmanije porte avec soi sidée de la politesse & desbelles maniérés, au-lieu que Turkije signifie ce qui n’est pas civilisé. De-lùvient cette expression commune, Turc muddeti ura rhule, qui signifie, Turcdans tout le cours de fa vie ; comme qui diroit ce sera toujours un homme gros-sier, qui n’acquerra jamais les manières polies des Othomans (b). Avec celaces Othomans furent peut-être les plus grossiers &les moins polis des troisbranches des Turcs, jusqu’à la prise de Constantinople.
Comme ils ont honte de leur nom,& qu il s ne veulent pas qu’on le leur at- Lhk re-tribue, on a eu recours à diverses Histoires pour expliquer d’où i\ leux ì ettcnUvient. Le Prince Canthnir , soit de sa propre autorité, soit fondé sur cellede quelque Auteur Turc (*), assure, en premier lieu, que les Persans , parlesquels ils entend les Selgiucides de Rûm, donnèrent le nom de Turcs k Solìman grand-pere d 'Othman, & à ceux qui marchoient fous ses ordres,sup-posant qu’ils étoient du nombre des Scythes qui avoient suivi Jenghiz Khan ;car il donne le nom de Scythes aux Mogols. II faut observer que cet Hi-storien prétend que le nom de 1 ures désignoit les Nations ,ou les Tribusqui suivirent Jenghiz Khan quand il envahit les Provinces Méridionales de .l’Asie, & qu'iis n’y furent connus que quand ils fe répandirent de tous cô-tés dans fa Perse & l’Asie Mineure (c). Au-lieu que ceux qui suivirentce Conquérant ont été généralement connus fous le nom de Mogols ou deTartares ; & ce font les Selgiucides qui ont porté celui de Turcs, connudepuis longtems des Persans, plus de deux - cens ans auparavant dansl’Asie Mineure.
En second lieu, Canthnir dit que lorsqu’après l’invasion de JenghizKhan , les Gouverneurs Persans secouèrent le joug de leur Souverain, A-ladin Sultan d’Iconium, qu’il met du nombre, força plusieurs de ces Scythesà reconnaître son Empire , qu'il les mêla avec les Paysans , les occupant auxexercices de fAgriculture , (f leur donna en commun le nom de Turcs; de fa -f on continue-t-il, que le Prince lui-même, au-lieu du titre de gouverneur desPerses, ou de Sultan d’Iconium, qu il avoit porté jufques-là , prit désormais ce-lui
O) Qantìmir, 1. c. (bj Ibìd. Préface p. m. 50, 51. (0 Ibid.
f*j 11 cite rarement ses Auteurs bien distinctement, & ne distingue gueres son senti-ment des leurs.