380 HIST. DE L’EMPIRE OTHOMAN. Liv. XVIIt. Chap. I.
Origine n’avoienc pas encore entrepris leur expédition en Perse. De plus, ils nelies Otho- pénétrèrent point dans 1 Aile Mineure fous le régné d 'Alaoddin , qui finitmans ôP en , ni même que plusieurs années après. Si le Prince Cantimir avoitmiencom .examiné en Critique les Historiens ^ Turcs en ce qui regarde l’origine desmmemem. Othomans, il y a de l’apparence qu’il les auroit suivis avec plus de précau-
. tion, & qu’il auroit moins exagéré les choses (*), après Saaâi Effendi &
rfautres Ecrivains postérieurs, qui ont eu plus en vue la gloire des Othomans,que la vérité de lTIistoire. Revenons à l’Histoire même.
Conquîtes Soliman laissa quatre fils, Sungurtekin , Jundogdi (f), Ertogrul ou Orto-í-' Erto ■ g Ta \ G az i f & Dundar ou Dutndar. Les deux premiers retournèrent en Per*sni; * se après la mort de leur pere. Ertogrul & Dumdar resterent avec les trou-pes qui s’attacherent à eux, & campèrent dans un lieu nommé SJûrmalu -chuker (d). Dumdar étant mort quelques jours après, Ertogrul s’avança versles Provinces dé l’Asie Mineure, & en soumit plusieurs à, fa domination (§) ;il les contraignit d’embrasser fa Religion (**), ce qui le fit appeller Zeletis ,titre célébré dans ces contrées. Ensuite, pour ne paraître pas possédé dudésir tyrannique d’envahir les terres d’autrui, il envoya son fils aine Sar u-yati ou Sarujat , qui mérita ensuite l’illustre épithete de Savuchi Bcg , versAladin Sultan d’Iconium (ff), pour le supplier humblement de lui accorder& à ceux qui le suivoient un endroit sur ses terres où ils pussent s’établir.Aladin lui accorda fa demande, la prudence lui suggérant qu’il valoit mieuxavoir ce nouveau & puissant voisin pour ami que pour ennemi. II ren-voya Sarujati, accompagné d’Ambassadeurs de fa part vers Ertogrul, avecpromesse que si par fa valeur il venoit à bout de nettoyer ses Etats des Tar-
ta-
(*) Cantimir parlant de la retraite de ce Prince obscur, s’exprime en termes pompeux :ce fut alors que Soliman Shah, fils de Kiya Khan, Prince de la ville de Nere S? des farta •res Oguzìens, Seigneur pareillement du Pays de Maru Shahjan, élevé par la noblesse de fanaissance, la gloire de fes ancêtres £? fes vertus personnelles au-deffus des autres Princes de faNation, quitta &c. Hist. Othom. T. 1. p.'Z.
(j) D’Herhelot les nomme Simku Zenghi & Ghimdogdi, p. 322. art. Soliman Shah.
(f) Syrmalyzukur. Hist. Oth. T. I. p. 22. C’est probablement Chìrmalek dans le Diarbe-r.ir, entre Bir & Or fa.
(J,) On dit dans l’Hiftoire, qu’il se rendit maître, soit parles armes soit pnr adresse._ de toutes les terres situées entre ./Uep & Césarée (dans l’Asie Mineure) avec leurs Vil*
~ les & leurs Châteaux, Introduisant par-tout la Religion Mahométane, qu’il professoit
lui-même. ,
(**) Comme si les Habicans de ces Pays n’eussent pas été Mahométans.
(ffj Cantimir p. 49 note (f) dit que les Historiens Turcs rappellent toujours secondde ce nom. quoiqu’ils ne fassent point mention d’un Aladin 1 . & il suppose que ce doit ô-tre cet Azatine, dont parle Nkeplwre, qui fut obligé de chercher un asyle chez l’Empe*reur Michel Palèologue, l’an de l’Hégire Cíi, de J. C. 1261. Mais nous avons fait voirailleurs que cet Azatine ou Azv'ddiu fut à un près le plus proche successeur à'Aladin I.éi Ertogrul se rendit auprès à'Aladin peu après la mort de Soliman , comme il semblepar 1 Histoire qu’il fit, ce doit avoir été Aladin ]. puisqu’il fut proclamé Sultan la mê-me année qu’on dit que Soliman se noya: & YAzzdddin de Nicéphife ne commença *régner qu’en 642, de J. C- 12.44, ce qui est de vingt-huit ans plus tard. Mais pour di-re la vérité, tout ce qu’on dit s’êtfe passé mitre Aladin & Ertosrul est évidemment suppo-sé, & ne s’accorde nullement avec ce que des Historiens accrédités rapportent de ce bel-liqueux Sultan.