HIST, DE L’EMPIRE OTIIOMAN. Liv. XVIII. Chap. I. mCette Histoire que Cantimir a tirée des Historiens Turcs, est sujette à Originebien des difficultés. Premierement, ce qu’on dit que les Etats de Soliman des Otho-s’étendoient depuis Mahan dans le Khoraíàn jusqu’à Ahlad en Arménie, est f la ; ns &contraire à la vérité de l’Histoire ; car toute la Perse & une grande partie de micrslZus Arménie obéissoient en ce tems-là aux Shahs de Karazm, & avant eux au Xnmcctnem.Seljucides de l’Iran. II n’y a pas auffi d’apparence que les Oguziens ayent ja- —~mais été maîtres d'Ahlad , bien moins qu’ils Payent été cent-soixante-dix ans .avant le tems de Soliman. supposé qu’ils en ayent été en possession; car \\î c&tm 'n’est gueres possible que deux places aussi éloignées l’une de l’autre que lefont Makhan & Ahlad ayent été si longtems soumises à de petits Princes ,dont tout le domaine se réduisoit presque à ces deux villes, & dont les nomsfont à peine connus aux Historiens de ces Pays. Ajoutez à cela, que cequ’on dit qu’il fut forcé d’abandonner ses Etats avec les siens, au nombrede cinquante-mille hommes, pour aller chercher de nouvelles terres dansle Rûm, ne s’accorde pas avec l’idée d’un Prince maître de vastes Etats;puisqu’en ce cas-là il auroit été en état de mettre fur pied de plus nom-breuses forces, & de faire tête aux Mogols, au-lieu de s’enfuir fanscoup férir.
En second lieu, ce qu’on raconte que Sultan Alatlin ou Jholddin s’en- 2. 05 *fuit du Khorasan dans le même teins que Soliman , & qu’il prit le titre de jcôion.Roi-à Sevajle par droit de conquête, est un pur Roman : car Alao'ddin de-vint par droit de succession Sultan d’Iconium, après la mort à'Jzzo’ddin sonfrere, Pan de P Hégire 616 ; & il ne paroît point qu’il soit sorti de P Ana.tolie avant son avènement au Trône. En un mot tout ce que l’on conte dece Sultan & de ce qui se passa entre lui & les Ancêtres d ’Othman font desfables, comme on le verra dans la fuite.
En troisième lieu, ce que l’on dit du tems que Soliman quitta Makhan 3. Ob.porte des marques évidentes d’une supposition grossière ; on place cet é- jcàion.vénement à Pan óii, & cependant après la mort de Karazm Shah, arri-vée en 617, & après la ruine de Balkh, qui ne fut détruite que l’annéesuivante. II y a plus. Les Troupes de jenghiz Khan ne passerent l’A»mu pour entrer dans le Khoraíàn, la Province la plus Septentrionale dePerse, qu’en Tannée 617, qui suivit celle dé la mort de Soliman. Ainsi au-lieu d’avoir été forcé par les Mogols d’abandonner ce Pays, il doit en êtresorti six ans avant que l’on appréhendât leur venue. Cela prouve encore lafausseté de la raison qui, dit-on, lui fit quitter P Anatolie pour retournerdans l’Azerbejan, savoir que les Tartans y avoient tout ruiné; au-lieu qu’ils
n’a-
Kmzern Shah Planifie Roi de Cafpie , (Royaume de son invention, car que Kurzem fi.unifie chez les Turcs la Mer Caspienne ( 1 ), 6? que ce nom se dorme aux Pays qui bordent cet-te Mer-, au-lieu que cette Mer prend le nom deKurzem ou Karazm_ du Pays de Karazmvu Khowarasm, qui est situé à son Orient. Le Shah dont il s agit ìci, est Mthamud Ka -raznt Shah le dernier de cette famille Turque, dont nous avons parlé ailleurs; mais com-me les Historiens Turcs ne marquent pas son nom, notre Prince Auteur ne I’a pas con-nu- ce qui prouve que fa lecture ne s’étendoit gueres au-dela des Historiens Turcs.
(1) Cantimir , T. I. p. m. io,
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