392 HIST. DE L’EMPIRE OTHOMAN. Liv. XVIII. Ceap. L
Origine Canîacuzonc & de Duc as , fait voir qu’il ne connoiífoìt gueres' ces Auteurs,M Ocho-^ q U qi a écrit plutôt ce qu’il se souvenoit d’avoir ouï dire , qu’en consul-mans â? tant ^ es Livres. Ce qui en est: encore une preuve, c’est qu’il' marque rare-mìu-scoin- ment la date des événemens. Ce qui est cependant aussi essentiel que d’indi-menccmens .quer le lieu de la scene, mais ce qui ne se retient pas aussi ailëment.
- — L’i jistoire des Turcs a été conduite depuis la prise de Constantinople jus-
Historims no tre tems par des Auteurs Vénitiens, Allemands, & autres HistoriensdÊnt C1 " d’Occident. Entre autres JeanLeunchvius, AI’emand de nation, a publié,outre les Annales dont nous avons parlé, une Histoire des Turcs tirée deleurs propres Historiens, Historia Musulmanes Turcorum lie Monumentis ip-forum cxjcrìptœ. Lib. XVIII. Franco/. i591. En ajoutant bien des faits quine se trouvent point dans les Annales, ces Auteurs en diffèrent beaucoup ;& les Historiens que le Prince Cantimir a consultés, s’éloignent encore da-vantage d’eux. II paroît par-là que les Turcs ont plus d’une fois retouchéleur Histoire ; & que les premiers essais ne contentant pas leur vanité, ilsfont bâtie fur un nouveau plan plus à leur goût, mais moins conformeà la vérité.
Leunclavius a enrichi son Histoire de tables , où il expliqué tous les ter-mes Turcs qui se présentent, & marque là situation des lieux avec les nomsqu’ils portoient avant que les Turcs les eussent changés , ce qui prouve legrand savoir, le génie & l’application de l’Auteur : mais malheureusementil a mêlé ce que les Grecs & d’autres ont écrit avec les Mémoires des Turcs,& ii n’a pas toujours assez distingué les récits d’un Auteur de ceux d’un au-tre. Ce défaut, qui a perdu l’Histoire dans tous les Pays, ne peut être évi-té avec trop de foin ; car les premiers Historiens étant réunis ensemble daníun tems, & ceux-ci de nouveau réunis avec d’autres dans un tems posté-rieur , le vrai íe trouve mêlé avec le faux, de façon que faute de distinguerce qui vient de chacun, on ne peut plus démêler la vérité d’avec le menson-ge, desorte que le tout ensemble devient suspect de supposition à la Postérité.
Après tout Leuclavius est beaucoup moins tombé dans ce défaut, que legros des Historiens qui ont écrit depuis lui ; on doit regarder leurs Ouvra-ges plutôt comme des productions de leur imagination, que comme des His-toires écrites fur les Mémoires d’autres Auteurs. Au moins, comme ils necitent point leurs garands, & qu’ils ont vécu plusieurs siécles après les évé-nemens qu ils rapportent, leur ? témoignage ne peut être d’aucun poids cheZles personnes judicieuses, qui s attendent toujours a de bonnes preuves dela vérité de ce quelles lisent.
An ek J. C.1300.
CHAPITRE II.
Le Régné íI’Othman ou Osman, premier Khan ou Sultan.
N O u s trouvons dans les Historiens Grecs une Histoire de l’origine d’ Otb'
man plus exacte peut-être que dans l’Histoire des Turcs, avec laques
pian! 1 ’ * e à peut en même tems íe concilier très-bien. Chalçondyle nous uppreud
que