HIST. DE L’EMPIRE OTÏIOMAN. Liv. XVÏÏI. Chap. I. SÇr
man dans là liste qu’il donne ensuite de ces Gouverneurs qui s’érigerent en OrigineSouverains (a) ; mais en récompense il y place Khurzem Shah Roi de Cafpie , des OtlicMainsi qu’il l’appelle, & il ajoute qu'Aladin, le plus considérable de tous, jouis-soit seul du titre de Sultan:, or ce Khurzem Shah 1 , dont il fait un petit Gou- mferscmn.verneur, n’étoit rien moins que le grand Mohammed CarazmShah, Souverain mnccnens.-
de tous les Páys qui’s’étendent depuis IeTurkestan jusqu’au Tigre. II n’avoit • - . »
pas moins le titre de Sultan qu' Aladin ou Alao'ddin, qui en comparaison dctlui étoit un fort petit Prince.
Il est aisé de voir par ces exemples , que le Prince Cantmir étoit très-peu CritiqueVersé dans ['Histoire Mahométane, si l’on en excepte cette partie quiregar- & Eloge dede les Turcs Othomans; mais il auroit dû, pour faire bien leur Histoire, l '! } s ìl ' r2consulter les Auteurs Seljuciens, supposé qu’il en reste quelqu’un , cômme il 1 „ i p' anu ‘semble sinsinuer dans ce qu’on a rapporté plus haut, & qu’il n’ait pasfait quelque- méprise dans cet endroit, ce qui n’est pas improbable.-
II est fort ordinaire au Prince Canlïmìr de rapporter des faits, fans citer"ses garands,. & de donner son sentiment ou ses récits pour ceux des autres.
II mele auíli quelquefois les relations de divers Auteurs,- fans distinction ; cequi joint à ses propres fautes Historiques & Géographiques, fait une étrangerapfodie d’erreurs dans fa Préface & dans le commencement de son Histoire.
Il devient plus exact à mesure qu’il s’éloigne des premiers tems de la Monar-chie Othomane; & il est certainement recommandable non seulement denous avoir donné une Histoire des Turcs , tirée immédiatement de leursHistoriens,- mais encore de savoir enrichie de quantité de bonnes Notes.
Pour ce qui est des Historiens Grecs, qu’on appelle’ communément By- HistoriensZantins il n’y en a que trois ou quatre qui parlent des affaires des Otho- Byzantins;-mans , Nicépltore Gregaras, ['Empereur Jean Cantacuzene, Ducas & Laoniá'Chalcondyie Le premier,. comme le remarque Canthmr , est plutôt un Rhé-teur qu’un Historien ; & la plupart de ces Auteurs font dans le même cas ;ils ne parlent des affaires étrangères qu’occasionnellement, & négligent cequ’il y a.de plus effentiel dans ['Histoire & la Chonologie, pour ne penserqu’à limer leur style.- Cantacuzene ne dit pas grand choie fur le sujet dont ils'agit; mais Ducas parle avec étendue, &. en Historien , des guerres desTurcs depuis la mort à'Orchan jusqu’à la prise de Constantinople par Maho-met II. Cousin , qui a traduit en François plusieurs des Auteurs de ['HistoireByzantine, dit en parlant de Ducas , que son Ouvrage a une plus grande éten-due que celui de Chalcondyie, parcequil remonte plus avant dans le pqjsié, £?qii il efl conduit avec plus de jugement.
Quoi qu’il en soit, ['Histoire de Ducas n’est pas à beaucoup prèsauslí volu-mineuse que celle de Chalcondyie , qui a écrit expressément une Histoire desTurcs jusqu’à la même époque. Mais il ne se peut rien de plus pitoyable &-de moins correct, que ce qu’il dit de ['origine de ce Peuple, & des pre-miers Sultans Othomans. II ne cite point d’Auteur pouries faits qui se fontpassés avant son tems;& véritablement il paroîtn’en avoir íuivi aucun. Lepeu de conformité qu’il y a entre ses récits , & ceux dc Pachymere , de-
(a) Préface p» 8l, &W-