OTHMAN, PREMIER 'SULTAN. m
tit de Cyfíque, composée de huit-mille hommes dont il y avoit mille Ro- I30 g;
mains, six-mille Italiens, c’est-à-dire Catalans & Amogavares, & mille . . ■
Alains. Marule conduisoit les Romains ; mais le Grand-Duc Roger avoitle Commandement général avec une autorité absolue. Quand il s’approchade Germe, les Turcs abandonnèrent honteusement leur Fort, en y laissantleur bagage. II passa ensuite le long de Cliare & de quelques autres places,pour aller secourir Philadelphie. Les habitans de Tripoli, dont les Cara-manes s’étoient rendus maîtres quelque tems auparavant, ayant fait deman-der du secours à Roger, il attaqua les Turcs à Aulak & les mit en déroute;
Alisuras leur Général, qui fut blessé,se sauva auprès d'Amur ou Omar, de-sorte que le siégé de Philadelphie fut levé.
Au-lieu que Tripoli n’avoit été autrefois qu’au rang des Citadelles d’Orient, TripoliFEmpereur Ducas Faggrandit & la fortifia de maniéré qu’elle pût servir d epriseboulevard à Philadelphie & la couvrir. On disoit que cette derniere villes*n’avoit point été prise depuis le Déluge, & cette tradition rendoit les ha-bitans si vains, qu’ils méprisoient les armes des Turcs., Tripoli se vit néan-moins assiégée dans la fuite : les habitans pressés par la faim, & ne rece-vant point de secours, furent contraints de traiter avec les Turcs, & destipuler, que non seulement ils auroient la liberté de sortir pour acheter cequi leurseroit nécessaire , mais que les Turcs leur apporteroient des vivres.
Ceux-ci profitans de la liberté qu’ils avoient de venir vendre des provisionsdans la ville, gagnèrent quelques-uns des habitans, & firent entrer plu-sieurs sacs, qui au-lieu de bled contenoient des tambours , des trompettes& d’autres instrumens de guerre; fur le minuit, les Turcs qui étoient ve-nus avec les sacs, firent entendre le son de leurs instrumens, & rempli-rent la ville de confusion & de frayeur : les Traîtres ouvrirent les por-tes & reçurent Alisuras ; ce Chef se servit de cette place comme d’unlieu de retraite , pour faire des courses avec les Caramanes.
Après avoir remporté la victoire dont nous avons parlé , Roger revînt Enflionspar les Forts de Culé & de Furne à Philadelphie, où il pilla des som - de Ro S er «mes immenses. II exerça les mêmes brigandages à Pyrge & à Ephese,dans les Iíîes de Chio, de Lemnos & de Mitylene:. il faisoit mettre lesgens à la torture pour les forcer à découvrir ce qu’ils avoient caché,
& ceux qui le refufoient étoient punis de mort, les Officiers mêmes deFEmpereur & les Gouverneurs n’étoient pas à couvert de ses violen-ces (*). Un peu auparavant les habitans de Magnésie, qu’il avoit auíïìmaltraités , profitant de Farrivée de Troupes Romaines , tuerent quel-ques-uns de ses Italiens, & mirent les autres en prison. Roger ne l’eut
pas
(») A Mitylene il condamna à mort Macrom Gouverneur du Fort ú'/lfi fur le Sca-siandre; parcequ’ìl avoit abandonné la place, bien- qu’il ne l’eíìt fait que parcequ’il napouvoit plus la défendre. 11 lui fit pourtant grâce, à condition qu’il payeroit cinq-milleécus ; mais n’ayant pu ramasser toute ia somme, Roger commanda qu’on lui coupât latête. Au moment même le Bourreau le prit par les cheveux , l’éténdit, & l’attachafur le tronc avec une telle violence, qu’il lui démit les vertèbres du cou , & enfin luicoupa la tête.