4 oo HÍST. DE L’EMPIRE 0 TH 0 MAN. Liv. XVIII. Chap. II.izo6. pas plutôt appris, qu’il se hâta d’aller mettre le siégé devant la ville;
l^ 1 < > voyant après plusieurs attaques inutiles qu’il n’y avoit pas d’apparen-
ce de s’en rendre maître, il offrit de lever le siégé si les habitans vou-loient lui rendre son argent & ses équipages qu’il y avoit laissés ; ils re-jetteront cette proposition avec la derniere fierté (a).
Pendant que Roger s’arrêtoit au siégé de Magnésie , les Turcs rava-
geoient fans opposition les terres de l’Empire. L’Empereur envoya desordres réitérés au Grand-Duc d’abandonner ce siégé, mais il n’y voulutpas obéir; enfin fatigué de la longueur du siégé, il fut obligé de le le-ver ; en s’en retournant il fit de grandes exactions en plusieurs villesd’Asie,& fe rendit à Mitylene,d’où il alla avec fesTroupes à Lampsa-que, & passa à Calipoli (/-).
Semd Tandis que ces Etrangers commettoient tant de désordres en Europe,Siégé de l’Orient étoit abandonné, & les Turcs pressoient tellement la ville de Phi-Philadel- ladelphie (*), que l’on y étoit contraint par la faim de manger des cada-P hie - vres. Dans le même teins ils passerent avec environ trente Vaisseaux dansrifle de Chio, & massacrèrent tous les habitans, à la réserve d’un petitnombre qui s’étoient renfermés dans un Fort, & de quelques autres, quiayant mis fur quarante Vaisseaux leurs femmes, leurs enfans & leurs meu-bles, firent naufrage près de Seyre. Quoique l’Empereur eût conféré àRoger la Dignité de César, pour contenter son ambition, s’il étoit possible,& pour l’engager.à défendre l’Orient contre les Turcs, il éludoit toujoursde remplir fes engagemens, par fes artifices ordinaires. II promit, en re-cevant cet honneur & onze-mille écus d’or, de passer en Orient avectrois-mille hommes seulement, & de licentier tout le reste ; mais au-lieude tenir parole, il les envoya à Cysique , à Piga & à Lopadion , & retintles Catalans fous prétexte qu’ils n’avoient pas reçu leur paye.
Majsacre Ensuite, il choisit cent-cinquante hommes, avec lesquels il alla à Andri-<k Roger, nople, fous prétexte de rendre fes respects à l’Empereur Michel , qu’il n’a-voit point encore vu, & de prendre congé de lui avant que de passer lamer, mais en effet dans le dessein de reconnoître la force de son armée.Michel fut surpris de son arrivée, & ne laissa pas de lui faire toutes les ca-resses possibles ; mais deux ou trois jours après, comme il entroit seul dansl’appartement de l’Impératrice, George Chef des Alains, dont le fils avoité.te tué à Cysique par les Catalans, profita de l’occasion de Venger íà mort,& lui enfonça son épée dans les reins; ainsi tomba mort, dit notre Auteur’ce barbare injuste & insolent, mais ardent & intrépide. Les Orientaux, ani-més de rage par le souvenir des cruautés qu’il avoit exercées fur leurs pro-ches , mirent son corps en pieees, & fes Italiens furent arrêtés & misen prison (c).
! Zct Cata- Les Catalans, fur la nouvelle de la mort de leur Chef, se rassembleront ,lans ví«* dans Callìpolì y dont il y avoit Iongtems qu’ils étoient maîtres, & massacre-gentsa rent
mrt ' (a) Pachymere L. XI. Ch. 21-2 6. (0 Ibid fi. XII. Ch.14. 22. &C.
(b) Idem fi. XII. Ch. 3.
(f) Nous présumons que c’étoit fous les ordres A'Alisuras.