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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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ORCHAN, SECOND SULTAN. 4l3

Cantacuzene ayant pris le titre d’Empereur, pour s’opposer à Paléolo - 1342.

gve , fut réduit à une si grande extrémité, qu’il % trouva dans la né- *--

cessité de se réfugier auprès du Craie de Servie, tandis que íà femme 're-lie <Sc ses enfans étoient assiégés dans Didymotique ,Y unique retraite qui leurtesioit. Amir fils d’Aytin bayant appris assembla ses forces, & vint à l’em-bouchure de l’Hébre avec trois-cens-quatrevingt Vaisseaux, tant grands quepetits, qui portoient vingt-neuf-mille hommes. Aussitôt que les Bulgares,qui assiegeoient depuis longtems la ville de Didymotique, l’eurent appris ,ils s’enfuirent avec une si grande précipitation, que les assiégés en furentdans un grand étonnement, ne sachant à quelle cause attribuer cette retrai-te, jufqu’à ce qu Amir fit donner avis de son arrivée à l’Impératri ce Irene. Cet-te Princesse envoya la Noblesse & la Garnison au devant de lui ; lorsqu’ilapprit que l’Empereur étoit vivant, il versa des larmes de joie, 6 c renditgrâces à Dieu de lui avoir inspiré de venir au secours de son cher ami.

II marcha ensuite à pied à la tête de deux-mille hommes vers la ville,h’avant pas voulu monter à cheval, parcequ’il n’y avoit pas assez de che-vaux pour ses gens. Ensuite avec vingt-un-mille hommes il fe mit en che-min pour aller trouver l'Empereur, mais une Lettre que les habitans dePhe-i'e supposèrent au nom de Cantacuzene, par laquelle il le prioit de se retirer,trompa Amir , & ib repassa en Asie avec ses Troupes (a ), ne fe défiant pointde la fausseté. A peine Amir avoit-il mis ses Vaisseaux en lieu de sûreté ,qn’il reçut une véritable Lettre de sEmpereur, qui lui demandoit du secours;ii fit équiper d’abord une Flotte de deux-cens Vaisseaux : Apocauque , pre-mier Mini lire de Paléologue, lui envoya des présens pour le détourner desecourir Cantacuzene ; mais il déclara franchement aux Ambassadeurs qu’il é-toit résolu de l’aider de tout son pouvoir, & il s excusa de recevoir les pré-sens, en disant, qiìíl y auroit de la bassesse a recevoir des présens comme ami ,

6? de faire peu après la guerre comme ennemi. ,

II partit donc de Smyrne, & vint avec un vent favorable à Eubée. IIy apprit qu 'Apocauque étoit parti de Thessalonique avec une armée pour al-ler à Be'rée, •& jugeant que sEmpereur son ami devoit être de ce côté-là,ce généreux Turc fit voile vers Thessalonique pour le joindre. L’Empe-reur informé de son arrivée, partit de Bérée ; aussitôt qu 7 Amir fut qu’il é-toit proche, il alla au devant de lui avec ses principaux Officiers, & quandil fut prés de lui, il mit pied à terre, fe prosterna pour le saluer, & mar-cha à pied ; l’Empereur le fit prier de remonter à cheval, ce qu’il ne fitqa’après s’étre longtems excusé. Ils alleren t ensuite dans la Morée, ou A-tnir tomba malade. En s’en retournant à Didymotique , ils défirent lesei memis commandés par Phranzês. Amir s’engagea des premiers-dans lecombat quoiqu’il ne fût pas bien rétabli, & il reçut trois coups de pique,a mtquels fa cuirasse résista. II étoit d’abord monté à cheval fans en êtrecouvert, mais s’étant souvenu du conseil que l’Empereur lui avoit donné^elques jours auparavant de ne point combattre fans 1 avoir, il descenditPour la prendre, ce qui lui sauva la vie.

(o) Cantacuzene , Ch. 56 & suiV»

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