414 HIST. DE L’EMPIRE OTHOMAN. Liv. XVIII. Chap. III.
1Z45, Les ennemis de Cantacuzene s’efforcerent en vain de détacher Amir ds
■-ses intérêts par de grandes promesses ; mais ce qu’ils ne purent faire
Sagêné- | e p r j nçe ^ £1 y réussirent par le moyen de ses Officiers intéressés; com-reuje* p.dé. ^ ^ y av0 i t dix mois qu’ils étoient hors de leur Pays, on les portad’autant plus aisément par sespoir des récompenses à importuner leurGénéral de s’en retourner. II fut contraint à son grand regret d’y con-sentir , après avoir envoyé un Ambassadeur à rimocratrite Anne pourl’exhorter à faire la paix, mais inutilement. Apocauque, qui étoit présentquand l’Ambassadeur eut audience, s’étendit en invectives contre Amir tfur ce quêtant élevé à la Dignité de Sultan, il étoit si lâche que de suivresi longtems Cantacuzene comme un esclave dans un Pays éloigné, & de ser-vir de Garde à l’entrée de sa tente. L’Ambassadeur irrité de l’insulte qu'ohfaisoit au Sultan son Maître, saisit l'occasion de dévoiler la méchanceté deceux qui le blâmoient, & leur répondit d’une façon qui les étonna ; nousnous ferions un plaisir de rapporter les traits admirables de fa réponse, si l abrièveté que nous nous sommes prescrite nous le permettoít.
Amir à son départ promit à Cantacuzene de lui envoyer des Troupes dansquinze jours, de revenir lui-mêmele plutôt qu’il pourroit, & demeurer a-vec lui jufqu’à ce qu’il eût terminé la guerre, Bien-que íòn départ fît beau-coup de chagrin à l’Empereur, ce fut un bonheur pour Amir lui-mëine.Vingt-quatre Galères tant de Rhodes que d’autres Nations Latines abordè-rent à Smyrne, prirent an Fort (*) dans le Port, & brûlèrent quelques Vais-seaux, nonobstant tous les foins qa Amir fe don ha pour fempêcher; & s'iln’étoit pas arrivé, ils fe seroient peut-être rendus maîtres de la ville même (st)*Orchaîi L’Empereur Cantacuzene ayant appris que impératrice Anne avoit en-'donne da voyé demander du secours à Orchan, envoya aussi le prier de lui en domsecours à ner plutôt qu’à la faction de Constantinople. Orchan s’y accorda. L 3Cantacu* ^^oximité fut cause que Cantacuzene tira de lui du secours autant de foisZCnfi * qu’il voulut, car il commandoit dans la Paphlagonie maritime & jufqu’ehPhrygie ; mais ce voisinage ne contribua pas peu à ruiner les terres del’Empire ; car les Turcs passerent plusieurs fois la mer fans en être priés,& exerceront des hostilités contre les villes qui 'refufoient de fe soumet-tre à Cantacuzene.
Crandeur Amir Sultan d’Ionie ne put venir aussi promptement a son secours qu’il en 3 *âE volt le dessein, pareeque ses Vaisseaux avoient été brûlés ; il ne lui étoit pas pl^,
(a) Cantacuzene , Ch. 63,66,68.
(*) Tkicas dit qu’ils y bâtirent un Fort nommé St. Pierre , pour y retirer les fugitifs !qu 'Amir à son retour l’attaqua vigoureusement, & qu’ayant passé le fossé, il appliqua Je*échelles à la muraille, &y monta le premier; mais que comme il étoit au milieu de lychelle il ouvrit un peu son casque pour voir combien les créneaux étoient au - dessus demuraille, & q U ’à l’heure même il reçut un coup entre les deux yeux, qui le renversadans le fossé. Duc/u Ch. Vil. Mais cela ne se peut, puisqu’il paroìt par Cantacuzene qa’rioprlui envoya pluíìeurs fois du secours depuis ce tems-là, & vint deux fois en personne. AU'H.que suivant Ducas il n’eít venu qu’une seule fois, & n’a point vu Cantacuzene; car il **®l’expédition des Latins à Smyrne & la mort du Sultan avec fa premiere expédition à sMV-rustique, lorsque 1 ’Empereur étoit absent.