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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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ORCHAN, SECOND SULTAN. 4IS

aisé de venir par terre, à cause d’un différend qu’il avoit avec Sarcan , I3 ^Sultan de Lydie, touchant leurs limites. L’impatience où il étoit de íà- «-> >. «tisfaire à fa parole, le porta à abandonner à Sarcan le Pays qui faifoìtlé sujet de leur contestation, pourvu qu’il lui voulût livrer paslàge. Sar-can accepta cette condition avec plaisir , & lui donna" Soliman son fils .pour aller avec lui servir l’Empereur. Le Sultan marcha à la tête de vingt-millé hommes, & ayant passé l’Hellespont il joignit Cantacuzene à Didy-motique.. II s’avança ensuite vers Périthéorion pour attaquer Mmitzile , quin’avoit que quatre-mille hommes: la mêlée fut furieuse, mais Momitzile a-yant à la fin été tué, tous ícs gens furent ou tués ou faits prisonniers.

Le Craie de Servie ayant levé le siégé de Phere au premier bruit de la IImarche des Turcs, l’Empereur assembla les principaux de son armée pour à un'con-prendre leur avis,& il voulut qu’ Amìr & Soliman assistassent à ce Conseil : on !eil 'convint généralement qu’il n’y avoit rien de plus avantageux pour le biende leurs affaires , que d’aller droit à Constantinople, supposant qu’ils n’au-roient point de peine à s’en rendre maîtres dans la confusion où tout y é-toit par la mort d’Apocauque, que les prisonniers avoient assommé dans la pri-son; mais Iorfquils y arrivèrent, ils trouvèrent que les assassins avoient étémassacrés& que tout étoit tranquille..

En s’en retournant en Macédoine, Soliman fut attaqué d’une violente fie- Uremrntvre à Apamée... Ceux qui étoient auprès de lui, lui donnerent des remedes à Sni?r ‘si froids, que son sang se glaça autour du cœur, & lui causa des défaillan- ne *ces mortelles; Amìr découvrit la cause de ces dangereux symptômes , &pour les arrêter il lui fit prendre de la thériaque & du vieux vin, ce quifît revenir la fievre : les autres employèrent encore leurs premiers remedes,qui lui glacèrent tellement le sang, qu il mourut à l’heure même. Ceux quiavoient eu soin de lui accusèrent Amìr d’être fauteur de sa mort, & de luiavoir donné du poiíon en lui donnant du vin (*). /hnir ,• appréhendant queSarcan n’ajoutât foi à ces calomnies, & qu’il ne prît les armes contre lui,résolut de s’en retourner avant que le bruit de cette mort se fût répandu.

II eut effectivement beaucoup de peine à fe justifier auprès de Sarcan de la.mort de son fils, bien-qu’il en fût entierement innocent («)..

Quelque tems après qu’il fut de retour à Smyrne, il y arriva douze Ga- Ilmafà «•leres commandées par un Officier nommé Martin , qui conduisoient à Con - crc «»stantinople un Patriarche, que le Pape avoit sacré. Ce présomptueux Pré-lat voulut entrer dans l’Eglisé de Smyrne, & commanda à farinée de le fui-vre, contre f avis de tous les Capitaines des Vaisseaux, qui. lui remontre- ^rent le danger &la témérité de son procédé. Pendant qu’il étoit dans f Eglise,

& qu’il y célébrois’la Messe, Amìr arriva avec ses Troupes, le Patriar-che^ Martin & quelques autres qui fe trouvèrent dans f Eglise furent maf-fecrés ; car lorsque les Italiens virent que les Turcs alloient fondre fureux, fis se sauvèrent dans la Citadelle. Dans le même tems, trente-deux

No» •

(á) Cariacuzene , L. III. Ch. 81, 86, 8$.

Ç*) Parceque I’uságe du vin est interdit aux Mahométans.