ORCHAN, SECOND SULTAN,poíntvoulu rendre le Fort de Zimpé sans récompense , l’Empereur lui en- 1355;voya dix-mille écus d’or. II y eut en ce tems-Jà un tremblement de terre, — „
qui ruina presque toutes les villes maritimes de Thrace , & renversa lesmurailles & les fortifications auífi bien que les maisons. Calliopole, la plus cé-lébré ville du Pays, souffrit plus que les autres; comme elle étoit entre lesmains des Turcs,ils firent un grand nombre d’habitans des autres villes pri-sonniers , pendant qu’ils se sauvoient.
Soliman , qui étoit alors à Pege, ville au-delà de l’Helleípont, ayant ap- 1355.pris le désordre que le tremblement de terre avoit causé, oublia le Traitéqu’il avoit fait avec Cantacuzcne, pafia en Thrace, en répara & repeupla lesvilles. II prit un foin particulier de rétablir celle de Calliopole, & en ayantrelevé les murailles il la remplit des principaux de ses sujets. II fit ensuitedes courses en Bulgarie, ravagea les terres & enleva les habitans. L’Empe-reur n’eut d’autre ressource que de supplier Orchan d’ordonner à son fils derendre les villes qu’il avoit usurpées au milieu de la paix, fans aucun pré-texte,- il lui représenta que c’étoit le comble de sinjustice de retenir le Fortde Zimpé, après en avoir reçu le prix. Soliman allégua qu’il n’avoit pointpris ces places par les armes, mais qu’il les avoit trouvées abandonnées, &demeura ferme dans la résolution de les garder, Orchan , bien-que complicede son injustice, voulut néanmoins conserver les bonnes grâces de l’Empe-reur son beaupere, & lui demanda un peu de tems pour disposer son fils àlui donner le contentement qu’il defiroit. Enfin, fur une offre qu’on lui fitde quarante-mille écus d’or pour la restitution de ces villes, Soliman consen-tit à les rendre. A cette occasion Cantacuzene passa la mer, & alla jusqu’àNicomédie pour conférer avec Orchan, mais celui-ci s’excusa sur une indispo-sition qui lui étoit survenue.
Quelque tems après Soliman marcha à la tête d’nne puissante armée con-tre les Galates de la Scythie Orientale (*) , & prit durant l’Eté deux de leursplus célébrés villes, Ancyre & Cratée. Etant revenu victorieux versl’Au-tomne,il envoya, conjointement avec son pere , une Ambassade à l’Empe-reur , pour rassurer qu’ils étoient prêts à lui remettre les villes de Thra-ce , & qu’il ne dépendroit que de lui de les recevoir quand il lui plairoit. Lejour fut marqué pour les recevoir, mais il ne paroît pas néanmoins qu’el-les ayent été rendues, bien-qu’il soit dit que la paix fut conclue.
Immédiatement après,les deux Empereurs Grecs s’étant réconciliés, Can-tacuzene renonça au monde & se retira dans un Monastère, après avoir sti-pulé avec Paléologue , que son fils Matthieu demeureroit en possession deCette partie de l’Empire qui lui avoit été assignée, avec le titre d’Em-pereur : mais les deux jeunes Empereurs ne vécurent pas longtems en bon-ne intelligence (a).
(d) Cantazime 1 . c. Ch. 38. & suiv. ^
O) Cela ne peut s’entendre que des Galates soumis en ce tems-là aux Tartares, Z quiAncyre & Cratée appartenoient; car alors les terres des Turcs Othomans ne s’étendoieHtpas fort loin à l'Orient dans l’Áfie Mineure. Les Historiens Turcs ne disent rien de cet-te conquête.
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