420 HIST. DE L’EMPIRE OTHOMAN. Liv. XVIII. Chap. III.
1755. II arriva en même rems qu’iin Vaisseau de Pirates , parti de l’ancienne
--- Phocée où Calothete commandos, vint dans le Golphe d’Astacene (*) pour
enlever les passans, & qu’il y prit Khaìil fils d Orchan & remmena à Pho*léologae. cée. Orchan ne pouvant attaquer les Phocéens, ni par mer faute de Vais-seaux , ni par terre faute de Troupes capables de s’ouvrir un passage à tra-vers le Pays, s’adressa à Paléologue, qui promit de lui faire rendre son filspourvu qu’il cessât d’aífister Matthieu.
Orchan lui promit tout ce qu’il voulut, & Paléologue envoya vers Caîe-thete , croyant qu’il le rendroit volontiers à la premiere réquisition ; maisvoyant qu’il ne pouvoit l’y engager ni, par promesses ni par menaces, il futobligé de lui donner cent - mille écus d’or , avec la Dignité de Panhyperse-bajìe , pour obtenir la liberté de Khalil.
Et/Me Matthieu ayant été informé que le Gouverneur de Phere étoit disposéllatthitu. à lui livrer cette importante place, avec la veuve du Craie de Servie, mortdepuis peu, & les sommes qu’elle y avoit, il promit de s’y rendre au boutd’un mois. En même tems il envoya demander un renfort à son beaufrereOrchan (f); celui-ci, qui étoit à Avido ou Abido,iui donna cinq-milleTurcs (|) ; mais ces Troupes étant plus disposées à piller qu’à combattre,se comportèrent avec autant de lâcheté que de désordre, & firent échouernon seulement le projet pour lequel il les avoit fait venir, mais s’enfuirentd’abord devant un Parti des leurs, les prenant pour des Surviens, & en-suite devant les Surviens mêmes, deforte que Matthieu abandonné de cettemaniéré fut fait prisonnier proche de Philippes, & obligé Tacheter fa li-berté en renonçant au titre d’Empereur. (a).
Solinwa Après avoir, à la faveur des Historiens Grecs, rempli le vuîde qui leenv, bit la tr0U ve dans l'Histoire Turque jufqu’à Tannée 1355 , nous allons repren-ibrace. ^ re j c r } j ^ j a narfat j on des Historiens Turcs. L’ambition d’Orchan, irritée' par les succès, le porta à penser à de nouvelles conquêtes. II envoya sonfils Soìiman (§) pour tenter de passer en Europe, choisissant pour Tyaccompagner trois de fes plus expérimentés Capitaines, Atche Beg, GaziFazil, & Or nu s Beg; d’autres les nomment GazìFaríl, Takubjs Beg &Míchal Beg (**)• Soìiman avec une fuite de quatre-vingts hommes choisisfait en apparence une partie de chasse, & s’avance insensiblement jufqu’au •
ter-
(a) Cantacuzcne Ch 44. & fuir»
(*) Àu fond duqueí est située Nicomédie, auiourdhui hui k.
(t) 11 est assez singulier, que Car.tacuzene semble affecter de marquer l’alliance qu’il favoit entre lui & Orchan, toutes les fois,qu’ii parle de ce Prince, & ne lui donne jamais,autant qu’il nous en souvient, le titre de Sultan, depuis le mariage de fa fille.
(T CVst une forte preuve de ramifié à.'Orchan pour Ja famille de fa femme, qu'iíait assisté Matthieu, après avoir promis à Paléologue de ne lui point donner de secours.II eut foin de n’attaquer point l’Empire Romain en Europe, tant que son beaupere & fo£beaufrere furent fur le trône, & immédiatement après leur abdication il attaqua hThraee,(S J C’dt apparemment le Chef Troyen de Gr égara s , L. XIV. Ch-. II.
(**) Les Historiens Turcs le font descendre- des Empereurs de Trébifonde, & dí'sent qa'Oithai avoit conçu pour lui une si grande affection , qu’il se régloit en tout Wfes conseils. II y a á Andrínopíe un beau pont fur la Riviere d’Arta bâti par son fils, qu’ 0 ®-appelle Míchal Ogli liuprifi, c’est-à-dire le pont du fils de Michal. Gantimìr.