47L BIST. DE L’EMPIRE OTHOMAN. Lrv. XVIII. Chap. VU.
1424. oncle , & ainsi la race de Cinéis fut éteinte (a).
-- L’Orient étant pacifié, Amurath tourna fes armes, en 830,. contre Iss
Amurath yénjtîens; p ravagea l’Iíle de Janta ou Zante, prit le Château de Gioger -Vénitiens! jìnlik ou du Colombier, & revint à Andrinople avec un butin considérable;
830. & la même année il fît bâtir à Ergene (*) un pont de pierre de taille de
1424. soixante-douze arches,, & au côté qui regarde le Couchant un Jami, u»Bain, un Imaret & un Khan.
Ghermian En 83 r Ghermian Ogìi vint à la Cour à'Amurath pair lui soumettre lèsOgli/»«- Etats, & lui offrir les clefs de toutes fes villes; le Sultan lui fit un ac-’tats^aií ' Lueil des plus favorables, le combla de préfens, & rétablit Sanjak perpé-Sultan. tuel d’Ipsalam.
142 7. Aussitôt après Amurath voulant réduire à son obéissance toutes les places quirestoient encore en Grece à l’Empereur de .Constantinople, assembla toutesfes forces d’Asie & d'Europe, entra en Grece, & comme il ne trouva au-cune opposition, il prit aisément Thessalonique, Athènes & Cartine: ensui-te il revint à Andrinople chargé de butin, & traînant à sa fuite des captifs& des troupeaux fans nombre (b).
La Grece Ici nous sommes encorq obligés d’avoir recours à l’Historien Grec pourf’AfUí’^ç- suppléer au défaut des Historiens Turcs, sinon pour corriger leurs erreurs.rear‘'pme Dans le tems qui Amurath fit marcher une armée contre Cinéis il envoya destribut, ) Ambassadeurs en Valaquie & en Servie, pour y porter la nouvelle de sonavènement à la Couronne ,&il conclut la paix avec les Vaivo des de ces Pays,mais il confervoit contre l'Empereur Jean une inimitié irréconciliable.N’ayant pu prendre Constantinople, il tourna fes armes contre la Morée,& contre les places maritimes qui font près de l’embouchure du Strimon. IIenvoya investir Thessalonique & ruiner les environs par une nombreusearmée ; fes Troupes firent aussi le dégât à Sétunion & à l’entour. A la fincependant l’Empereur obtint la paix, en abandonnant à Amurath les villes& les bourgs fur le Pont-Euxin, & les petites places qu’il n’avoit pu pren-dre par force, comme Méfembrie, Dercos, Sétunion, & quelques autresfur le Strimon ; outre cela il s’étoit engagé à lui payer trois - cens - milleaípres par an.
í«Véni. Le Sultan n’ayant plus d’ennemis, alla à Prufe, & delà fe rendit à Ephe-tìens siont f e , où il reçut des Ambassadeurs de tous côtés; il n’y eut que les Vénitiens«ttaqués. q U - n ’ en envoyerent point ; en voici la raison. Pendant que le Despote An-àronìque, troisième fils de l’Empereur Manuel , commandoit à Thessaloni-que, après que Mustapha fut parti de Lemnos, & avant qu ’Amurath assié-geât Constantinople, les Gouverneurs Turcs des Provinces voisines presse-ront si vivement Thessalonique, que les habitans réduits à l’extrémité, &fans espérance de secours, envoyerent malgré le Despote offrir aux Vé-nitiens de fe donner à eux, & leur livrerent la ville. Les Turcs très-piquésde voir cette proye leur échapper, redoublèrent leurs attaques, &les Véni-tiens appréhendant que les habitans pressés par la faim ne les chassassent &
- . » e0 *) Ducas, Ch. XXVIII. (A) Cantimir > I. p. 14g, 249.
(*) Lieu marécageux à moitié chemin de Constantinople & d’Audrinople. CantimiA í