AMURATH II. SIXIEME SULTAN. m
Be reçussent les Turcs, transportèrent les principales familles en divers lieux 1447.de leur domination, fous prétexte, qu’il n’y avoit pas assez de provisions —dans la ville pour la subsistance ; & ils en firent mourir plusieurs pendant lepassage, comme s’ils eussent été coupables de trahison.
Lorsqu’Amurath fut revenu à Andrinople, les Vénitiens lui envoyerent Prise riedemander la paix; il leur répondit qu’il ne leur en accorderoit point, à Thessalo-moins qu’ils n’abandonnassent Thessalonique. Peu après il envoya Hamza à nit 3 ue -la tête des Troupes d’Orient assiéger cette ville, & il le suivit en person- I4Î9 ‘ne, pour se trouver à l’ássaut général. Le nombre des assiegeans surpassoitsi fort celui des assiégés, qu’ils étoient au moins cent contre un, & que laGarnison n étoit nullement proportionnée à l’enceinte de la ville, desorteque les ennemis appliquèrent les échelles & montèrent fans qu’elle pût lesen empêcher, & ils ouvrirent une des portes, par où toute l'arméeen-tra; la ville fut pillée, les habitans réduits en esclavage, & exposés à tou-tes sortes de violences. Les Vénitiens appréhendant de perdre aussi l’Isied’Eubée envoyerent des Ambassadeurs à Amurath peu après qu’il fut retour-né à Andrinople, & conclurent la paix avec lui.
En ce tems-là Dragul fils naturel de Milìze , Vaivode de Valaquie, qui Draguiservoit l’Empereur à Constantinople en qualité de soldat, ramassa dans cette Rempareville quelques jeunes gens de son Pays, alla avec eux en Valaquie, & ayant & la . Va -été joint par un grand nombre d’autres, il devint en peu de tems formida- aqu,e ‘ble. II marcha contre Dam neveu de Miltze, qui étoit alors Vaivode, ledéfit, lui coupa la tête, & se mit en possession de l’Etat de son pere.Amurath, qui avoit fait la paix avec Dam, sous la condition d’unléger tri-but qu’il payoit, indigné de l’entreprise de Dragul , proclame un frere steDam son successeur , & l’envoye en Valaquie avec des forces suffisantespour s’y maintenir: mais Dragul ayant levé une puissante armée, le défit& le tua aussi (a).
Caraman Ogli Ibrahim Beg (*) fe révolta en Asie en 838 ; Amurath y Caramanpassa & prit d’assaut Akshari & Conija. Ibrahim Beg , fe sentant trop ' ev ^ e "foible pour résister aux armes victorieuses du Sultan , obtint fa grâce, , A#"
& fut remis en possession de ses titres & de ses honneurs par la média- 438 ‘tion de Menla Gamzeb (f), qui étoit en ce tems-là un santon des plus cé-lébrés chez les Turcs (b).
Ducas , qui attribue raccommodement à la médiation de la femme deCaraman sœur à’Amurath, rapporte la cause & l’issue de cette guerre de lamaniéré suivante.
Amurath , ayant appris que Caraman avoit dans ses écuries un excellent Guerre
Cheval Arabe, le lui fit demander; comme il faisoit souvent le dégât fur avt c ce
j es Prince.
(a) Ducas, Ch. XXVI1L (S) Cantimìr, T.I.p. 250.
(») C’est le même qui soumit son Pays â !'obéissance à'Amurath & épousa sa sœurai-née, mais on ne fait comment il s’enfuit de Romélie en Asie. Car/timìr. Cette note faitvoir, qu’il faut dans le texte Lhe’ miah Ogli , au-licu de Caraman. Mais on ne volt pointpar ce qui précede, que ni l’un ni l’autre ait été en Europe.
(fl Ou Moia Gamzch; on voie encore fa cellule en Caraffianie, où l’on k va visiter e»grande dévotion. Cantimir,
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