474 HIST. DE L’EMPIRE OTHDMAN. Liv. XVIII; Chap. VII.rzzi.' les Terres dé ee Prince, 6 c le ménaçoit d’exercer contre lui d’autres actes-1 ■ ' TV d’hoílilité, il ne doutoit pas qu’il ne le lui accordât. Mais Car aman étantfort éloigné de cette disposition , demanda à l’Envoyé en lui montrant leCheval, si son Maître pourroit le monter? L’Envoyé répondit qu’il l’igno-roit. Rapportez à votre Maître , lui dit alors Caraman, qu’il ne pourroit jamaismonter ce cheval, parceque c'est tout ce que je puis faire que de le monter, £?que pour cette raison jenelelui envoye pas.. Amurath irrité de cette réponse levad’abord une armée, traversa le Détroit, & entra: dans les Terres de Cara-man, où il prit deux petites villes , fëvoir Akfiari ou Akshahri , & PeJJlarïou Beg SJxilìrì, dont là derniere n’étoit qu’à deux journées de Cogni. Ca--raman n’ayarít pas de forces capables de lui résister, lui envoya des premiersde fa Cour en Ambasiàde avec le Cheval, & une grande somme d’argent,-& lui abandonna les deux villes qu’il avoìt prises (a),défaite de Les. troubles causés en Asie étant ainsi pacifiés, il s’éleva un nouvel enne-mi én Europe, c’étoit Mora Krali (*) frere de l’Empereur Grec. II affie-rau geoit Gtogerjìnlik, lorsque Kaffim Bacha,. Beglerbeg de Homélie, vint ïat-taquer avec un Corps de Troupes d’élite, & l’obligea à prendre la fuite; laplupart des Grecs furent tués ou faits prisonniers, & le vainqueur s’en re-tourna chargé des dépouilles de leur camp;.
Guerre en La guerre s’allunm aulîi avec le Roi de Hongrie,. & bien-qu’il se don-Hongtìe. à plusieurs combats avec dìfférens succès, les Hongrois eurent plussouvent Favamage que les Turcs. A la fin le brave Général Michel Ali-Beg,a la tête d’une nombreuse armée, inonda, comme un torrent les plusriches Provinces de Hongrie, & en emmena un nombre infini de cap-tifs (j): Les Hongrois prenant le départ d ’Ali Beg pour une fuite fondi-rent à leur tour-fur les Terres des Turcs, & mirent tout à feu & à sang.Amurath, voulant réprimer leur hardiesse, passa le Danube à Viddin,&ayant saccagé tout le Pays , vint mettre le siégé devant Belgrade (f),lé grand boulevart de la Hongrie.. Mais la courageuse résistance des as-siégés, & rapproche de l’Hiver obligèrent le Sultan de lever le siégé,dans le tems qu’il seflattoit d’emporter la place; en s’en retournant il pritSophie (§) & quelques autres villes de Bulgarie..
Conquête Amurath fut d’autant plus sensible à l’affront qu'il avoit reçu devant Bel-
de taSer- grade, qu'il ne Fattribuoit pas tant à la valeur des assiégés, qu’à la . trahisonvie. 6 'T * d e
(«) Ducas, Ch. XXIX.
I*) B semblé que c’étoit le Despote Dímêtrìm, qur selon Plïranza comtnandoit à la !pins grande partie de la Morée: il est appellé frere de l’Empereur, parcequ’il lui étoit’allié. Cantimir. II étoit frere de Jean Patéologue, alors régnant.
(t) Les Historiens Chrétiens ontfort exalté les glorieux exploits & ]es victoires deJean IJunniade Général des Hongrois en ce te-ms-là, mais ils ont passé fous silence l’irrup'tion de Michel Ogli , & les maux qu’il fit à la Chrétienté. Cantimir.
( 4 ) AjjaCraca, autrefois Taurunum. II y a lieu de douter que les Turcs ayent perd údans ce siège autant de inonde que le disent les Chrétiens, ayant à leur retour prisdé placés. Cantimir.
(§) Capitale de Bulgarie , & résidence du Beglerbeg de Romélie. C’esi une ville. siM 33 'murailles. Cantimir.