476 HISÏ. DE L’EMPIRE OTHOMAN. Liv. XVÍII. Cha*. VIL
14.56. Peu 62 tems après il envoya demander à George Despote de Servie le Fore
- - de Sendrew,qu’ilavoit fait bâtir: il fit cette démarche par le conseil deíost
j! Servi/ Visir Faixlac ; car ce Prince par Iui-mâme n]avoit point de malice, & étoit* fincere. Le Despote allégua la foi des Traités, mais le Sultan assiégea leFort, & le prit au bout de trois mois pàr composition. Le fils aine du Des-pote , qui étoit dans la place, fut pris, & ensuite envoyé avec son frere,qui étoit à la Cour, à Amaítris, & ils eurent tous deux les yeux crevés parle conseil de Fadulac. Le même Eté le Sultan se rendit maître de Novaprìde,& s’en retourna ensuite à Andrinopîe. Dragul étant venu alors le saluer ,il l'envoya chargé de chaînes dans la ' tour de Callipoli, fous pré-texte qu'il avoit médité de le trahir lorsqu’il lui servoit de guide en Hon-grie. Quelque tems après il fut élargi en donnant ses deux fils en ôcage, &en prêtant un nouveau serment de fidélité.
Sîege (Te Au commencement du Printems A murât h leva une nombreuse arméeBelgrade, pour assiéger Belgrade. George Despote de Servie , appréhendant que lesTurcs ne la prissent, l’avoit donnée aux Hongrois, pareequ’ilsétoient pluspuissans que lui (*}, & mieíix en état de la défendre. Le Sultan fit degrands efforts pour emporter cette place, -mais après six mois de siégé tantpar terre que par eau, au - lieu de rien gagner il perdit un grand nombrede soldats, non seulement parla maladie contagieuse, mais aussi par des ma-chines faîtes en formé de tuyau, remplies d’une poudre composée de nitre,de souphre & de charbon, avec lesquelles on tiroit des balles de plomb,cinq ou dix à la fois, de la grosseur d’une noisette (f),.
L'F.mpe- L’Empereur Jean fît cette année-là voile en Italie avec le Patriarche Jo~A toiíe/ m fi ph , & les autres Prélats, pour assister au Concile de Florence, dans le des-1438. sein de procurer la réunion de l'Eglise Grecque avec l’Eglise Latine. Le Pa-pe s’étoit chargé de toute la dépense du voyage , & le Décret dé sunionfut signé.. Mais à leur retour les Grecs se rétractèrent, bìen-que quelques:-uns des Archevêques n’eussent signé’ qu’après qu’on leur eut compté l’ar-gent qui leur avoit été promis. L Empereur envoya après cela des Am-bassadeurs à ámurath , pour sassurer de la fidélité inviolable avec laquelle ildesiroit d’entretenir la paix avec lui, & pour dissiper les faux bruits qu’onavoit répand is qu’il avoit été en Italie pour exciter les-Princes Chrétiens;contre les Turcs.
Irrvp'ton En attendant, le Despote George t voyant quel’ennertîi faiíòït de jour en
des Hoil* *
grois. - JOUÍ'
(*) II s’étoit retiré en Hongrie duran t le sîege de Sendrew, & demeura dans les villes;qu’il y possédoit, se faisant garder par des Hongrois. .
(f) On s’appercevra aisément, qu’il s’agit de poudre à canon & de canons. Comme ilparoît qua c’est la premiers fois que les Grecs en ont entendu parler. ce que ùue n en diíne peut que- faire plaisir. Quand on approche cette poudre- du nez, dit cet Historien, ellesent le bituma & ('étincelle, elle prend fort aisément feu, & ce feu étant reserré 6tcom-me contrât p-ir ies balles poussé la plus proche, & celle-là Ta suivante, & ainsi succelC*vement jusqu'à là dernierequi va pour l’ordinaire L un mille, & perce un homme ou uàcheval quand- il' fero-ic couvert de fer. Elle. ne perd pas fa force pour-avoir percé un horu-ine, & elle en peut encore blesser un autre qui seroit derriere. Quand la balle est de fs»& conièuféé à coups de márteàa, en frappant elle s’allonge, & pénétré tout avec lame violence qu’sn fleuve de feu. D.a\/s Ch. XXX. CY/. du TraL