AMURA TH II. SIXIEME SULTAN. 477
jour de nouveaux progrès dans son Pays, implora le secours de la Reine de 143B."Hongrie, qui gouvernoit pendant la minorité de son fils. La Reine coníì- — • ■dérant que si on laissoit tranquillement les Turcs faire la conquête de la Ser-vie , ils feroient irruption fur ses Terres, commanda à Jean Humiade sonGénéral de secourir George. Comme le Deípote avoit beaucoup d’argent,ils leverent vingt-cinq-mille hommes tant de Cavalerie que d’Iníknterie, pas-sèrent le Danube, & s’avancerent jufqu’à la ville de Sophie, qu’ils brûlèrentavec les bourgs & les villages d’alentour. Amurath n’ayant pas le loisir d’af-sembler les Troupes d’Orient, marcha à la tête de celles d’Occident; cesdeux armées s’avancerent jusqu a un bourg que les Bulgares-appellent IJÌa-tu , c’est-à-dire d’or, qui est à moitié chemin entre Sophie & Philippopole.
Tous les chemins qui font entre ces villes font embarrassés & difficiles àcause des montagnes.
Les Turcs ayant apperçu le camp des Hongrois, ils isolèrent descendre Rcfìitu.dans la plaine. La crainte des Turcs augmenta la hardieflè de leurs enne- /,e la -xnis, deíorte qu’ils monterent courageusement jusqu’au milieu de ía montagne, Servie *malgré une grêle de fléchés. Les uns & les autres reconnoissant que j'as-siette des lieux étoit trop incommode pour combattre, ils se retirerent chacundu côté d’où ils étoient venus. Alors Amurath faisant réflexion que lesHongrois qui n’avoient jamais pafle le Danube, l’avoient passé alors poursecourir le Despote de Servie, lui rendit toutes les places qu’il avoit usur-pées fur lui, & même le Fort de Scndrew , lui renvoya ses deux fils quiavoientles yeux crevés j il renvoya pareillement à Dragul les siens, & conclutla paix avec la Reine de Hongrie & avec le Roi de Pologne, Tuteur du jeu-ne Roi de Hongrie: les Conditions stipulées étoient, que les Hongrois nepasseroient point le Danube pour faire la guerre aux Turcs, ni les Turcspour la faire aux Hongrois (a).
C’est une chose digne de remarque que nos Historiens Turcs ne disent Partialitépas un mot de la restitution de la Servie par Amurath , bien-que ce fait soit desconfirmé par d’autres Historiens Chrétiens, qui nous apprennent encore, j u 7 cs,que le Sultan renonça aussi à ses prétentions fur la Moldavie, & fur cettepartie de la Bulgarie qui avoit été conquise fur lui. Les Turcs ont de lamême maniéré supprimé le recouvrement de la Transilvanie par Jezn Hu-niade , & plusieurs des victoires qu’il remporta fur eux, ou ils n’en onttouché qu’un mot en passant. Cela prouve qu’ils ont une grande partialité- en faveur de leur Nation, & que l’on ne peut tirer de leurs l’Historiensseuls uné Histoire complette & exacte de leurs affaires.
£n 1 annee 845 Car aman Ogli Ibrahim Beg, fennemi invétéré de l’Em- Irruptimpire Othoma'í, rompit le dernier Traité ratifié par ferment, & ravagea les dc Cm 'Provinces de s Asie qui étoient fans défense (*). Amurath ,.auxpremìersnou- man 0gíi
vel-
(s) Ducat, Ch.XXIX-XXXlI.
(*) D uc as nous apprend que pendant ía guerre de Hongrie, Car aman avoit repris]es places <^x'Amurath avoit usurpées fur lui, que le Sultan pi H a Cogni, en emportaune quantité prodigieuse d’or & d’argent, traita avec la derniere cruauté la ville de L»:»ande, & 6t le dégât par tout le Pays de Caraman , fans épargner même les Turc*.
O 00 A