A M ITR. A T H II. 8 I XI E M E SULTAN. 483lui-ci se retira avec les Albanoìs. dans les montagnes voisines de Croye, pour
la secourir dans Foccasion. Le canon ayant fait une grande breche, on en, -. .
vova un parti pour occuper Scanderbeg, pendant que le reste de l’arméemonterait à l’assaut. H se donna alors mi. furieux combat dans les monta-gnes , & Scanderbeg y fit des prodiges de valeur, renversant tout ce qui serencontrait devant lui.. De l’autre côté, les Janissaires furent si rudement,traités à F attaque de la breche., q.u ’ Amurath jugea à-propos de changer lesiégé en blocus'; mais ayant reçu en ce tems-Jà avis de George Despote deServie, que Jean Hunniade étoit sur le point de passer le Danube à la têted’une puissante armée, il décampa sur le champ (*), pour aller s’opposeraux Hongrois (a).
Dans ces entrefaites, FEmpereur Jean Paìêoìogue, qui depuis plusieurs Mort deannées étoit tourmenté de la goutte, s’étant trouvé depuis son voyage d’I- l'Empa-talie accablé de chagrin, par les troubles continuels de FEglise, & par la rem I eat1,perte de Flmpératrice, fut attaqué d’une maladie qui F emporta en peu I44 ' j ‘de jours. II fut le dernier Empereur des Romains. On donna aulîìtôt avisde fa mort à ‘Constantin ' (f) , qui ne fut pas sitôt arrivé à Constantinople ,qu’il envoya, des Ambassadeurs à Amurath , qui accommodèrent tous les dif-férends qui étoient entre éux (b). Chalcondyïe ajoute que son frere Dénié -trius auroit voulu le supplanter. & s’emparer du Trône, s’il n’en eût étéempêché par fa mere, & par les Grands , dont Cantacuzene & le grandDuc Notaras étoient les principaux. L’arrivée du Prince ' Thomas , le plusjeune des freres, fut aussi un obstacle à ses desseins, desorte qu’aussitôt queConstantin parut tout fut tranquille. La Morée fut partagée entre Dèmè-trius & Thomas (c).
Les Hongrois (f), dans le dessein de venger la mort de leur Roi, se ligue- Irruptionrent avec plusieurs Princes, entre autres avec le Prince de Valaquie , ré- < Ics Hor - ,volté depuis peu contre le Sultan, & t entrerent fur les Terres des Turcs.§ rois - -Amurath .part pour Sophie, & marche contre Fennemi; mais avant queles armées fussent en présence, certains Musulmans nommés Bcigkr , ren-contrèrent dans leur marche les Valaques, qui se tenoient à quelque distan-ce de la grande armée Chrétienne, & les mirent aisément en déroute (§).
Le
(«) chalcondyïe, I.c. Ch. 5&7- G) Búcat. Ch. XXXIII. (r) Chalcondyïe, 1. c.Ch. ir.é
(*) Les Ecrivains d’Occident ne parlent que d’un siégé de Croye, & disent que Scan*derbeg' pénétra deux fois: dans le camp à'Amurath où il fit un grand carnage : que le Sul-tan ayant été repoussé dans quatre assauts, n’ayant pu réussir à corrompre (Jtam conte leGouverneur, ni à engager Scanderbeg à payer dix-mille ducats de tribut, il tomba mala-de 1 qu’après avoir fait un discours à son fils Mahomet , il mourut fous les murs de la vil-le 'Mais comme il est certainement faux est Amurath soit mort â ce siège, & que son filsMahomet se soittrpuvé dans le camp, cela rend le reste fort suspect, d’autant plus que plu-sieurs des faits qu’on rapporte font peu vraisemblables.
(|) Surnommé Úracofe, frété àsje'an.
■ (i) I.es Historiens Turcs disent que Tannée étoit commandée par le Roi de Hongrie;mais comme Ladifas surnommé Posthume, étoit méconnu des Hongrois, & détenu parFrédéric Duc d’Autriche, le Prince Cst»à>-,-d’accord avec les Historiens Chrétiens, croitqu’il s’agit de / unniade.
(§) Chalcondyïe dit qu’il y avoit huit-mille Valaques, & que Dam/S leur Prince com-
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