Buch 
22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
Seite
488
JPEG-Download
 

M HIST. DE L’EMPIRE OTIÍOMAN. Liv. XVIll. Chap. VIIL

Sbctioh tourna ses armes contre Car aman. . Aussitôt que ce Prince avoir appris laI. mort d 'Amurath , d étoit entré fur. les Terres Othomanes, ájavoit prisJusqu'à la tro i s Forts, & une assez grande étendue de Pays, dont Amurath savoir dé-pris de pouillé. Mahomet alla a Cotiaion & de-là entra dans la Phrygie Salutaire,tinople?" qtie les Turcs appellent Carasaris, qui confine aux frontières de Car aman.-— Celui-ci, au premier bruit de la marche du Sultan, lui envoya demander par-don, & offrit de lui rendre les Forts qu’il avoir repris (*). Le dessein deMahomet n’étoit pas de s’en retourner fans avoir assujetti tout-à-fait ce Prin-ce, mais f imprudence des Grecs l’obligea de l’épargner pour le présent,afin de les soumettre (a).

Affaires de Bien-que les deux Princes qui avoient partagé la Morée entre eux, íèla Morée. pussent engagés par serment à ne jamais violer leur accord, Thomas ne futpas longtems fans prendre les armes pour déposséder Démétrius de son par-tage. Démétrius se retira chez Afan frere de sa femme, par l'entremise du-quel il obtint du secours de Mahomet , & Thomas fut contraint de soumettrele différend à sarbitrage de l'Empereur ; mais ayant refusé de remettreà son frere les Terres qui lui étoient échues, Mahomet chargea Thuracan ,qui commandoit pour lui dans la Morée, d’assister Démétrius , & de raserla muraille qui fermoir sísthme. Sur quoi Thomas céda à son frere la villede Calamate, en échange du territoire des Scortiens, qu’il lui retenoit (/-).Mahomet L’année suivante le Sultan fit fondre de gros canons (f) , •& ayant assem-Consta blé ses Troupes de toutes parts, il marcha vers Constantinople. L’Empe-tinople?" reur Orec tremblant à rapproche d un si grand danger, envoya des Am-bassadeurs à Mahomet , & lui demanda humblement la paix fous les con-ditions qu’il voudroit lui imposer. Le Sultan fit réponse aux Ambassadeurs :„ Qu’il ne pouvoir voir l’Empereur leur Maître en posture de suppliant,„ sans être touché de fa situation, & que la conscience ne permet pas qu’il„ lui refuse la paix ; mais qu’il ne vouloir point s’exposer à la censure de„ ses sujets, qui ne manqueroient pas de murmurer , si après de si énormes„ dépenses, & après avoir armé presque toute l’Aíie, ils ne lui en voyoient„ retirer aucun profit capable de satisfaire les Othomans. Qu’il ne deman-„ doit à l’Empereur en dédommagement, que de lui céder un espace de ter-„ rein sur le rivage d’Europe du Bogaz (c’est le Bosphore) tout au plus de„ la largeur d’un cuir de bœuf (j ); à cette condition, dit-il, je leve le siégé &

„ fais

0?) Ducas , Ch. XXXIV. Chalcondyle , (If) Chalcondffa, ubi sup.

L. VIL Cb. u. Cantimìr, T. II. p. 4 .

(*) Suivant Chalcondyle, Caraman lui céda Candelora, & Mahomet à son retour cassa lesFauconniers, & la plus grande partie de la Vénérie. comme inutiles.

Ct) Le même Historien dit qu’il fit fondre de l’Artillerie, & bâtir des Galères & d’autresVaisseaux en divers ports pendant l’Hiver.

Q) 11 semble que Mahomet ait eu dessein de copier Elise (Didon ) Reine de Carthage ; carLonicer , auflì bien que les Turcs, convierçt qu’il faisoit ses délices de la lecture des Livresou font décrites les Actions des anciens Capitaines & Rois, tant Grecs que Romains-Cantimir. Nous ne croyons pas que Mahomet ait pensé à cette ruse , mais bien ['HistorienTurc ; car on ne peut gueres s’imaginer que les Grecs ayent été assez peu avisés pour êtreÌÇS dupes d’une vieille ruse íì connue.