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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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490 HIST. DE L’EMPIRE 0 TH 0 MAN. Liv. XVIII. Chap. VIII.

Section & modéré, & ami des Romains (les Grecs), parcequ’ils lui faisoient sou-I. vent des présens (*), quand il eut entendu les propositions des Ambassa-Jusqu‘à la deurs, leur répondit: ,, II y a si longtems, foux de Romains que vous êtes,„ que je comtois vos artifices & vos fourberies, que vous devez y renon-tinople 1 ,, cer.-- H n’y a que deux jours que nous avons traité avec vous, & àn ” peine f Acte est-il sec, & cependant vous avez traversé l'Anatolie, à VOUS„ prétendez nous épouvanter par des phantômes que vous avez forgés.-- Si„ vous pouvez faire quelque choie contre nous, faites-le. Proclamez Or-„ clan Prince de Thrace, & faites passer le Danube aux Hongrois - - mais„ soyez certains que rien de ce que vous entreprendrez ne réussira, &qu’au-„ Heu de recouvrer ce que vous avez perdu, vous perdrez ce qui vous reste.”Mahomet Hall en fit rapport à Mahomet , ce qui le mit en grande colere. Si jeirrité, bâ- ^arrête , dit-il, dans ìAnatolie , Us Romains soulèveront contre moi toutes lesP* m Nations Chrétiennes , Jecoureront Caraman, b s’empareront de t Occident. Ce-

9rt ' la fut cause qu’il traita les Ambassadeurs de Caraman avec douceur, & leur

accorda la paix. A l’égard de ceux de l’Empereur il leur dit en dissimulantfa colere, qu’il leur feroit une réponse favorable quand il seroit à Andri-nople ; mais il n’y fut pas sitôt arrivé, qu’il fit défense de payer la pensioná'Orchan: Sc au commencement de l’Hiver il fit publier par toutes les pro-vinces de fa domination, que mille Ouvriers se tiníïènt prêts avec les instru-mens & les matériaux néceílaires pour construire au commencement duPrin-tems un Fort près de l’embouehure sacrée, au-dessus de Constantinople. Ceprojet accabla les Chrétiens de tous côtés de douleur, parcequ’ils furentconvaincus que la ruine de la ville étoit proche. Cela n’empêcha pas queMahomet n’assemblât au Printems un prodigieux nombre d’Ouvriers. L’Em-pereur prit alors le parti d’envoyer des Ambassadeurs à Andrinople, nonpour demander l'augmentation, ni même la continuation de la pension, maispour supplier Mahomet de ne pas bâtir de Fort, offrant même de payer ence cas-là tribut, s’il le vouloit. II fit représenter , qu’à-la-vérité on avoitpermis à Mahomet son ayeul, fur ses pressantes sollicitations, de bâtir unFort fur le bord oriental, parcequ’il y avoit longtems que ses ancêtres enétoient en possession ; mais que le dessein de bâtir un nouveau Fort à l’oppo-site de l’autre, ne pouvoit avoir d’autre vue que d’affamer Constantinople,& de la priver des avantages du Commerce.

Il commun- Mahomet, après avoir demandé aux Ambassadeurs de quel droit on VQif« les hof Joit l’empêcher d’élever un Fort fur ses propres Terres, fit voir que l’Em-íilitéì. p ereur s’étant toujours ligué avec les ennemis des Othomans fous le régnéde son pere, il avoit très-peu sujet d’espérer aucune faveur de lui, & finiten disant, que quiconque revkndroit en Ambassade pour le même sujet , seroitécorchè tout vis. Cette réponse remplit les habitans de Constantinople deterreur & de tristesse. Peu après les 'Pures commenceront à travailler à laconstruction du Fort, au-dessous de Sosienion , que les Anciens appelloient

Fhé-

(*) L’Auteur ajoute > que quiconque lui présentait de Vargent pouvait sans crainte lui tii rtles choses les plus choquantes b les plus fd heufes. Tant il eít vrai qu’un Ministre avare & ú*'tére Jé déshonoré fa patrie & fait tort à ses intérêts.