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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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MAHOMET II. SEPTIEME SULTAN. 52I

pitaine de la connoiflànce de Scanderbeg , sollicita d’être envoyé contre lui, c T45 ^'

& marcha à la tête de quarante-mille hommes. Le Prince en ayant eu a-vis, assembla de plus grandes forces qu’à son ordinaire, & envoya deux- t-véncmcnsmille hommes se mettre en embuscade sur les Terres de l’ennemi, qui défi- A/?» a iarent son avantgarde, composée de quatre-mille chevaux. Bientôt le reste fof“ éiede l’armée entra dans TEpire ; mais une violente pluie qui dura trois jours Bosnie.

n’ayant pas permis d’en venir à une action, le vieux Généraljugea à-propos de ■— . —

s’en retourner fans rien faire. A la fin Mahomet , voyant qu’il ne pouvoit venirà bout de Scanderbeg avec les forces que les circonstances lui permettoient d’em-ployer contre lui, lui envoya un Ambassadeur chargé de richespréfens & depropositions de paix ; elle fut conclue en 14.61 , & dura quelque tems (a).

Telle est la Relation, que les Historiens Italiens & les autres EcrivainsChrétiens font de ce qui le passa en Epire durant cette guerre, mais Chai-cor.dylc en parle d’une maniéré bien différente. Mahomet, dit-il, envoyaune puissante armée pendant TEté (*) contre Scanderbeg (f) qn’Amurathn’avoit jamais pu réduire : cette armée étoit fous la conduite de Josué filsde Brëncses , qui ravagea cette partie de la Macédoine qui borde ïa Merd’Ionie. Mais Scanderbeg demanda du secours au Pape & à Alphonse Roi deNaples, son grand ami, offrant de céder Croye en retour de T assistancequ’on lui donneroit; on lui envoya un Corps considérable. d’Infanterie, quidébarqua à Durazzo (j), entra fur les Terres des Turcs, pillant & enlevanttout ce qu’ils trouvoient. Ayant joint ensuite les Troupes de Scander-beg, ils assiégèrent Sphetisgrade , & l’auroient peut-être prise, si jojuén’étoit venu fondre fur eux à Timproviste, & ne les eût tous taillés enpieces. Scanderbeg, qui fe trouva heureusement absent, se retira chez sesamis en Italie.

A son retour il choisit un endroit, qu’il fortifia pour lu'i servir de re-traite, en cas qu’il fût poursuivi par les Turcs. Ce lieu étoit dans le voi-sinage de Durazzo, fur la côte de la Mer Adriatique : il y avoit-là une pe-tite Presqu’isle d’environ trois quarts de milles de large, qu’il enferma d’u-ne forte muraille, & qu’il peupla d’Aibanois. II mit austi Durazzo en meil-leur état de defeníe qu elle ne 1 étoit, & de cette façon il s’aílura une re-traite par mer, au cas qu’il fût contraint par des forces supérieures de quit-ter la terre. Après quoi, s’étant fait un camp volant d’Aibanois, il se re-tira dans les montagnes : on le voyoit tantôt dans un lieu, tantôt dans unautre, par-tout où fa présence étoit nécessaire, & il avoit toujours les yeuxouverts íur 1 ennemi. Peu après les Turcs vinrent, A ravagèrent le Paysd’un bout à l’autre, emmenant les hommes & les bêtes, & brûlant les vil-les & les villages fans opposition (b).

Ce qui confirme ce récit de Chalcondyle , c’est celui de Ducas: Mahomet,

dit-

(«) Knew’es, Ottom. Emp. Edit. Ri- (S) Chalcmdyle, L. VIII, Ch.iG.saut , in Mahomet II.

(*) C’étoit suivant notre calcul en Tannée 1460.

(t) Nommé par l’Historien Scinder ou Scander iils d ’lianes,

U) Que notre Auteur appelle Duras.

Tme VIII- Vvv