520 HÍST. DE L’EMPIRfi ÒTHOMAN. Lrv. XVIII. 'Chap. VIII.
Section rent mort, jetterent un grand cri ; mais s’étant redressé il fondit encorelll. fur son ennemi & le tua. Bientôt tout le reste prit la fuite, & Moyse leEvcnmem sauva feulement avec quatre-mille hommes. Le Sultan l’auroit fait mourirjusqu’à la à s on re t our} s’il n’eût craint de décourager les déserteurs ; se voyant né-cîela gligé de tout le monde, il retourna bientôt trouver son ancien Maître, quiBosnie, le rétablit dans tous fes Emplois.
---- Quelque teins après Amesa , fous prétexte de quelques sujets de mécon-
misatentement qu’il prétendoit avoir reçus de Scanderbeg son oncle, se retiraavec sa femme à ses enfans à Constantinople. Mahomet le reçut favo-rablement, & au Printems suivant il envoya Jsaac , Grand-Bacha de cet-te ville, à la tête de cinquante-mille hommes, avec ordre, aussitôt qu’ilferoit entré dans l’Epire, de faire proclamer Amesa , Roi du Pays, quicommandoit cinq-mille chevaux , & cela pour faire voir aux habitans qu’ilfaifoit la guerre à leur Prince & non à la Nation. Scanderbeg pour sepréparer à soutenir cette tempête, leva des Troupes dans toute féten-due de lès Etats, mais lui-même campa seulement avec six-mille hom-mes : aussitôt que le Bacha parut, il se retira , non comme à son ordi-naire dans les bois & les montagnes, mais du côté de Lissa, ville maritimedes Vénitiens, comme s’il eût désespéré de pouvoir défendre ses Etats.
Les Turcs Isaac Bacha s’avança plus avant dans le Pays, contre favis d’ Amesa ,sont dé - qu’il avo it f a it proclamer Roi; le troisième jour il arriva dans les campa-faitsplu- g n£S d’Amathe, la nuit suivante il campa à Pharfale, ce lieu si célébré pariems ois. j a bataille entre César & Pompée, & le lendemain matin il alla se posterau pied du mont Tumeniste. Scanderbeg , qui par fes espions avoit obser-vé tous les mouvemens de l’ennemi, vint par dessus la montagne lorsqueles Turcs s’y attendoient le moins, & ayant pénétré dans leur camp a-vant qu’ils pussent se mettre en ordre , y fit une si terrible boucherie,qu’ils prirent la fuite nonobstant toutes les prières d 'Isaac & à'Amesa.Ces deux-Généraux se conduisirent très - vaillamment, & les Turcsfurent poursuivis juíqu’au - delà des frontières de l’Epire. Suivant le cal-cul le plus modéré il périt vingt-mille Turcs, quelques-uns disent trente-mille, & il n’y eut que soixante hommes de tués du côté des Chrétiens (*).Le butin fut très-considérable, parmi ses prisonniers se trouvèrent Amesa &un Sanjak, avec lesquels Scanderbeg entra en triomphe dans Croye.
Deux années se passerent alors fans que les Turcs commissent de nouvelleshostilités ; la troisième Mahomet conclut une treve d’un an avec Scanderbeg ;mais aussitôt quelle fut expirée, il envoya Sìnan Bacha dans l’Epire à la têted’une armée de vingt - mille hommes. Elle fut bientôt défaite, de-mêmequ’une autre de trence-mille hommes, fous la conduite de Hassan Beg, quifut fait prisonnier ; une troisième de dixhuit - mille hommes commandéepar Tujsan Beg , ne fut pas plus heureuse. A la fin Caraza Beg , vieux Ca-
pi-
(*'; faits aussi incroyables décréditent l’Histoire de Scanderbeg [On a peut-êtreexagéré la perte d’un côté & on l’aura diminuée de l’autre: il n’est pas étonnant que‘rias une surprise de cette nature le carnage ait été terrible ; cela n’est pas si incroya-ble. [Rem. dv Trad.J