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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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B A JAZET II. HUITIEME SULTAN. 545

cufa d’abord modestement, pour mieux tromper le Prince, & accepta en- 1482.

fin, prétendant qu’il ne pouvoit en conscience refuser l’honneur de servir un ?-■"■*

st grand Prince Sc de raser une tête si chere à tous les honnêtes gens deConstantinople, qui donneroient toutes choies pour fenvisager.

II fut donc admis parmi les Valets de chambre de Jem , & chargé de le hui cmp eraser aux jours accoutumés, conformément à fustige des Turcs. Mujìapha ' a £ 0, *> e 's’acquitta de son devoir pendant quelque tems avec toute la fidélité possible.

Mais un jour le Prince s’endormit pendant qu’il le rasoit, & comme iln’y avoit personne que lui dans la chambre, il coupa la gorge à Jem avecson rasoir (*), & pour empêcher le sang de couler, il banda fortement laplaie avec un mouchoir. II sortit de la chambre, & dit aux autres dome-stiques que le Prince étoit endormi, & qu’on le laissat en repos. Le coupétant fait, il s’évada, monta fur un Vaisseau tout prêt, & se rendit à Con-stantinople. II ne fut pas plutôt arrivé qu’il alla rendre compte au Sultande la mort de son frere. hajazet avoit de la peine à le croire, mais il n’endouta plus, quand la voix publique répandit par - tout que Jem avoit ététué en trahison par des Chrétiens.

Bajazet éleva alors le Barbier Mustapha à la Dignité de Grand-Visir , Eft fanconformément à fa promesse. II envoya à Naples demander le corps de Grand-sòn frere, qui fut remis à ses Ambassadeurs, & enterré à Pruse, près du Fi l lr ‘tombeau d ’/Jmurath.

On peut dire que rien ne manqua à Jem de tout ce qu’on nomme ver-tu, prudence, grandeur d’ame, retenue, courage & force d’esprit; &qu’il surpassa tous ceux de son âge. Ce qu’on admira le plus en lui, futson éloquence. Pendant son séjour parmi les Chrétiens, il fut toujoursreligieux observateur des rites du Mahométisme, il disoit cinq fois' par

jour

(*) Id les Turcs justifient ta mémoire du Pape Alexandre VI. & le déchargent du cri-me exécrable dont des Ecrivains Chrétiens & même Catholiques Pont chargé, & qui a -été cru pendant si longtems : ils disent que le Pape, craignant que Charles VIII. ne lelivrât à Bajazet pour s’assuier de lui, le fit empoisonner à Terracine, comme il suivoitCharles, marchant vers Naples. Cat.tiwir . Ils placent cet événement en 149;, mais lesTurcs ne marquent aucune date. ("Le récit de Cantimi; ne me paroît gueres digne decréance. 1 . Mujìapha doit être arrivé à Naples après que Charles VIII. s’en fut rendu maî-tre, puisque le Prince Turc, que le Pape lui avoit remis y étoit. Or Charles partir, deRome le 28 Janvier 149s (i), il arriva le 29 à V elitri (2), & peu de jours après Jm ouZizim mourut (z) à Terracine. Mujìapha ne peut donc avoir trouvé le prince Turc àNaples. 11 . Comment concevoir que rassaflinat d’un Prince auquel on prenoit tant d’inté-rêt, ait été inconnu à tous les Historiens Chrétiens?que le plus grand nombre ayentcom-me de concert accusé Alexandre VI. de lu mon de Zizim, tandis qu’il n’y suroît pas eula'moindre part? Pouvoit-on ignorer le genre de fa mort? & Géminés, Auteur contem-porain & attaché à Charles VIII. n’en autoit- il eu aucune connoissance? Cet Historienassure que l’on crut que Zizim étoit déja empoisonné, quand il fut remis entre les mainsdu Roi de France. 11 11’est question que de connoître les Auteurs de cet empoisonnement,les uns veulent que ce soit le Pape, les autres accusent les Vénitiens; peut-être les uns &les autres ont-ils trempé dans ce crime (4). Rem. eu Iioid ]

(1) DAnitl, Histoire de Exauce, T. IX. p. 21,

!» 8VO.

(r) lhid 9 p.

Tome Vil L

(}) Cemincs, L. VII. Ch, 14.(4) ihii. ubi tiip,

Zzz