5 Ôo HIST. DE L’EMPIRE OTHOMAN. Lïv. XVIII. Chap. X.sàcviôa Sefer de lan 9x8, dans la quarante-sixieme année de son âge. II nerencon-I. tra point d’oppoíition de la part de ses freres, soit qu’ils ne trouvassentCcquis’efl p 0 int d’encouragement parmi les Troupes, soit qu’ils crussent pouvoir ga*pajsé jus gner cet gfpj.it. a itier pár leur complaisance. Ahmed fut le seul qui prit lesGferre armes. II sentoit bien qu’ayant été rival de son frere, il ne seroit jamaisrf’Egypte. en sûreté, tant que Selim seroit sur le Trône, ains Je désespoir le porta à
—.— tenter fortune. 11 se flattoit en vain que quelques _ Grands épouseroienc
ses intérêts, & que l’empressement que chacun témoignoit pour Selim né-toit pas sincere. II assembla toutes les forces d’Amasie, & se prépara àpasser en Europe.
Ahmed Selim avoit des espions par-tout, & fut bientôt informé de la démarchevaincu & à' Ahmed, & pour le prévenir il passa en Asie & marcha droit à lui avantitrrng . qjfij e ^ t rassemblé toutes ses forces. Ahmed ne laissa pas d’aller au devantde son frere avec le peu de Troupes qu’il avoit, & le rencontra à Emis-hahr. Ahmed parut au plus fort de la mêlée, & rallia plusieurs fois ses Trou-pes ; mais enfin ses gens accablés par le nombre furent défaits ; peu tour-nèrent le dos, Ahmed fut pris, étranglé fur le champ, & ensuite enter-ré à Pruse (a).
1313. D’autres Historiens disent, que sur la nouvelle de la marche de Selim ,Ahmed s’enfuit dans les montagnes qui bordent l’Arménie, & travailla à le-ver des Troupes, tandis que Selim ne pouvant passer l’Hiver dans un cli-mat aussi froid, s’en retourna à Pruse. De-là il envoya Ufeghi Bacha poursurprendre à Amasie Amurath & Alaoddin , deux fils à' Ahmed , mais le vieuxBacha Mustapha , qui détestoit la cruauté de Selim , bien-qu’il eût contribuébeaucoup à l’éleversur le Trône, donna avis aux Princes de la commissiontfUfeghi; ils lui dressèrent une embuscade, le firent prisonnier, & tuerentla plupart de ses gens. Le Bacha captif, ayant découvert la trahison deMustapha, en instruisit Selim , qui sur Je champ le fit mourir; Ahmed Ta.ya.ncappris traita Ufeghi de la même maniéré.
A l’approche du Printems, les amis du Prince le sollicitèrent de fondreà son tour inopinément sur Selim, qui, disoient-ils, pourroit aisément êtrevaincu, tandis qu’il n’avoit pas ses Troupes d’Europe. Ahmed se mit enmarche pour Pruse à la tête de quinze-mille chevaux pour faire diligence,laissant son Infanterie se rendre à petites journées. Selim en eut avis, &se prépara à le bien recevoir. II intercepta en même tems des Lettres dequelques amis d 'Ahmed, écrites de son camp, par lesquelles ils le pressoientde venir promptement, avant que son frere eût rassemblé toutes ses for-
(d) Canìimr, I. c. p. 173, 174. Leunclavius.
ces;
ble, le Visir lui demanda simplement, en quel quartier il plaiíbit à Sa Hauteslë qu’ellesfussent dressées; le Sultan fans autre réponse le fit mettre à mort ; le môme jour son Suc-cesseur fut traité de la même maniéré; mais un troisième, devenu sage aux dépens des deuxautres, fit dresser des tentes vers les quatre points du Monde. Le Sultan lui demandantpeu après, en quel endroit ses préparatifs étoient disposés, il répondit que tout étoitprêt pour suivre ses ordres, de quelque côté qu’il voulût tourner ses armes. Selim répli-qua; la mort de deux Visirs a sauvé la vie à un troisième, & m’à procuré un Visir tel qu’ilme faut. Canimiu