SEL I M I. NEUVIEME SULTAN. . 5 tfi
oes ; il commença par Faire mourir les conjurés, & fit écrire ensuite des SectionL ettres Fous leur nom, par lesquelles ils réitéraient leurs instances à Ah- j.me d de hâter Fa marche, & de ne pas attendre son Infanterie ; parcequ’aussi- &qui/efttôt que le lignai du combat Ferait donné, ils exciteraient un tumulte, & ^íàia'tueraient Selim. N . Guerre
Encouragé par ces faustes Lettres, Ahmed s’avança jufqu’à la Riviere de ^Egypte.Parthenie (*) : il y rencontra à l’improviste Sinan Pacha , que Selim avoit ————'détaché avec quinze-mílle chevaux d’Asie, pour reconnoître les forces deTennemi. Sinan fut défait avec perte de la moitié de son monde, Selimne perdit pas courage-, & marcha en avant jufqu’à la Riviere d’Elate (f) :il passa de.l’autre côté, où son frété étoit campé, & plaça dans un boismille hommes en embuscade ,' sous la conduite de Khan Oglì , jeune PrinceTartare son beaufrere, avec ordre d’attaquer Tennemi en queue, quand lecombat ferait commencé. Le lendemain, lorsque les deux armées furent prê-tes à donner, Ahmed envoya défier Selim de décider leur querelle en com-bat singulier, & fur son refus il chargea le sabre à la main à la tête de íà■Cavalerie Persane l’aile droite des Turcs, qui plièrent. Alors il tourna bri-de pour soutenir íès autres Troupes, que l’aile gauche de Selim & son corpsde bataille où les Janissaires combattoient, maltraitaient. Ahmed rallia sesgens, & revint à la charge, renversant tout ce qui se présentoit devant luiavec beaucoup d’ordre & de courage. Mais dans le temsqu’il se flattoit dela victoire, Khan ÓgH sortit de l’embuscade, &sattaqua en queue, ensorteque sa petite armée se trouvant enveloppée de tous côtés, chacun prit lafuite, & chercha à se sauver. Ahmed se retira comme les autres, mais ayantai le màlheur de tomber avec son cheval dans un fossé, il fut pris, & étran-glé par ordre de son frere : ses deux fils, dont nous avons parlé, se sauvè-rent, ' f un en Perse & sautre en Egypte (a).
Peu de jours après, Selim mena ses Troupes victorieuses contre Corcud. corcudCe Prince s’étoit soumis fans répugnance à son frere , content de son sort , est auft é-& ne voulant point courir après la fortune, ni fouiller ses mains d’un sang trangií.qu’il devoit respecter. Mais quand il vit que fa soumission étoit mutile, &.que Selim étoit altéré de son sang, il alla au devant de lui, avec les Trou-pes qu’il put assembler à la hâte (f), se proposant moins de vaincre, querie ne pas mourir fans venger fa mort. Ses Troupes furent bientôt mises
en
(«) Leunclavìus Hist. Muíulm. Annal Sultan. Rfcaut in lìajazet II.
(*) Aujourd’hui appellée lìartin, qui est une corruption de l’ancien nom.
(+) On croit que c’ést celle qui porte à-présent le nom de Halbebli.r /U Suivant d’autres, Corcud ne fit aucune résistance, mais se sauva du côté de la nier,dans l’efpérance de trouver le moyen de passer en Candie ou à Rhodes; mais en ayant étéempêché par les Galères Turques qui étoient fur la côte, il se cacha dans une caverne ducôté de la mer, pas loin de Smirne; ayant envoyé un homme chercher des vivres à unhameau voisin, il fut découvert par un Paysan & arrêté. Ayant eu permission, avantque de mourir, de mettre ses pensées fur le papier, il îe fit coulamment en vers Turcs,où il dépeignit la cruauté de son frere, & imploroit la vengeance divine d’une façonlì touchante, que Selim en les lisant ne put s'empêcher de pleurer, & témoigna beaucoupde douleur. II fit auifi mourir quinze de ceux qu’il avoit envoyé à fa poursuite. Rîcautìn Selim 1. vide Sí Lemclav. ia Sc Urne.
Tome FUI. . Bbbb