SEL IM I. NEUVIEME SULTAN. 5?I
L’année suivante le Sultan eut occasion csaggrandir son Empire sans pei- Sncnoífne. La Nation appellce Kara Amìd (*), qui habitoit la Province de. Diai-. i.bekir (f), avoit depuis longtems envie de secouer le joug du Roi de.Per- Ce vn d estse; ne pouvant y réussir à force ouverte, les habitans employerent la ruse. KBIls contrefirent une Lettre du Shah, qu’il firent apporter au Gouverneur GuerreKara Khan par un Courier : cette Lettre contenoit un ordre de sortir de ^Egypte,la ville dans cinq jours, daller camper dans un lieu nomm é Kavakilder, & . D -d’y attendre de nouveaux ordres. Kara Khan, qui ne se défia point de la bekir/Ttromperie, quitta la ville avec toutes ses forces & fa famille. Quand il donne àfut éloigné les habitans passerent au fil del epée le peu de soldats qui étoient Self»,restés en Garnison, & écrivirent à Se'iim pour le prier de lestrecevoirpourses sujets, & le supplier en même tems de vouloir leur donner pour PrinceMahomet Beg , fils de Bïìikli Ogii (j) leur compatriote, qui étoit actuelle*ment à la Cour du Sultan. Cette offre fut fort agréable à Selitn, mais íedéfiant cstin peuple dont il connoiffoit le génie traître, il fut un an entieravant que de donner une réponse positive , aimant mieux manquer une nou-velle acquisition, que de risquer de perdre une armée. Enfin, ennuyés cï’ê-tre continuellement exposés à des hostilités de la part de Kara Khan , ilschargèrent Chemsià Beg, l’un des plus riches Seigneurs du Pays, & qui seulposiedoit au-delà de trois-censvillages, de presser Selim de les prendre fouslà protection : il en vint enfin à bout âpres plusieurs instances.
Le Traité ayant été conclu, le Sultan leur donna pour Souverain, fui- Mahometvant leur désir, Mahomet Beg fils de Bìlìkli Qgli ,; ;avec le titre de Begler- Leg estbeg de Diarbekir, & lui assigna une pension annuelle de quarante Yuk (§), J ai£ Souvc 'fous la feule condition de lui être fidele. Le nouveau Prince partit d’abord r ,f n decipour le Diarbekir, où il fut mis en possession de la Souveraineté du consen* ayUcernent de tous les Ordres, & fous le bon-plaisir de l’Empereur Othoman.
Kara Khan ne rabattit rien de son ardeur contre les rebelles, & la pré- 'sence de Mahomet Beg ne le retint point, desorte que Selim envoya en 922un bon Corps de troupes au secours du nouveau Prince ; & lui écrivit enmême tems pour lui reprocher fa lenteur à laisser s insolence de ce Persanimpunie. Mahomet fut animé par cette réprimandé du Sultan, à qui il é-toit redevable de la vie & de sa fortune; ainsi, sans attendre les Troupes
que
(*) Les Noirs Me d es, qui habitent le Pays situé entre Utfa & Van en Asie. Cantimir.
JSiOUS n c connoìssons point cette Nation de Noirs\Medes : on doit entendre par Kara Amid]es habitans du Diarbekir , qui tirent leur nom de la ville même. qui s’appeile aussiKara Amià ; Kara n’est qu’tìne épithete ajoutée à /Imid , qui est l’ancienne /huiledes Grecs, f es habitans du Diarbekir font un mélange d’Arabes , de Cordes & ( »çTurcomsns de la race du Mouton Noir, qui regnoit dans ce Psys avant que leur Dy-nastie tût été détruite par Uzun Hafjan fondateur de celle du Mouton Blanc. 1
(t) Diarbekir signifie Province de Bekir; ce Pays confine au Kurdistan. C’est ] a Mé-fopotanie ancienne, qui s’étend jufqu’à Mosul, ville qui;a succédéi Ninive. Cantimir.
Diyàr Bekr stgnifie le Pays de Bekr, ou de la jeune fille. Car c’est ce que Bekr veutdire en Arabe, ■
(j.) liìlikli est le nom qu'on donne à ceux qui ont de longues moustaches, hantimir.
(§) Sorte de compte usité dans les grands payemens du Trésor, c’esl une somme de cent-mille aspres. Idem.
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