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Sacïioa
II.
Conquête 1de /'Egyp-te.
Le Sultand’Egypteest trahi.
Son Arméedéfaite. 1
574 HIST. DE L’EMPIUE OTHOMAN Liv. XVIII. Chap. X.
Là-deíFus Selim convoqua tous les Docteurs & les Savans,& leur deman-da, ce que la Loi de Dieu proscrivoit dam cette ckconfance? Ils répondirent,qu il étoit permis if arracher d’abord cette fâcheuse épine, d'aller ensuite oùDieu le conduirait. Sur cette réponse il s’avança gayement vers Alep, &vint camper dans une telle plaine, proche du vénérable tombeau du Pro-phète David ( a). Voilà suivant le Cadilesquer quelle fut l’occasion de cetteguerre, ce qui est à divers égards différent de ce querappotte Saadì Effendi,auquel nous revenons.
Dans le.même tems Selim reçut des Lettres de Khaìr Beg , Gouverneurde Damas, (*) & de Gazcl Beg Gouverneur d’Alep, qui etoient ennemismortels de Sultan Gauri. 11 s se plaignoient au Monarqu. Othoman de latyrannie de leur Maître, de son avarice, de sa jalousie,, & de son ingra-titude , qui le portoit à machiner contre leur vie ; ils promettoient à Selimd’abandonner Gauri au fort du combat, & de se rendre ses sujets ; pour recompense l’un demandoit le Gouvernement d’Egypte pour sa vie , & fautre celui de Damas. Selim leur accorda fans difficulté leur demande, & confirma le Traité par serment & par sa signature. Les traîtres ne manquerent pas de travailler à déterminer Gâi à'donner bataille. Le Sultan, attribuant le conseil de ses Généraux à leur bravoure, rangea son armée en ba-taille dans un lieu nommé Burì Vaik (f), & marcha contre les Turcs, quiétoient placés de façon qu’ils pouvoient faire face de quelque côté qu’on lesattaquât. Les Circaffiens (j) avancèrent au petit pas jusqu a la portée deTare, & alors avec de grands cris chargèrent les Turcs comme des lions,& nonobstant leur brave résistance les forcerent de lâcher le pied.
Mais dans le tems qu’ils commençoient à se flatter de la victoire, ils fu-rent remplis de consternation à la vue de la désertion de Khaít Beg à l’ailedroite ,& de Gazel Beg à l’aile gauche, qui pafferent du côté des Turcs (§).Cependant, comme les Circaffienspréfléroientla mort à la honte d’être vain-cus ,
(a) Angiokllo , ubi'sup. 1. 20 . ad fínem.
(*) Le Cadilesquer nomme le Gouverneur de Damas Siíei, & dit qu’il fut tué dansk combat; d ii fait Kayr /tek Gouverneur d’Alep.
(j) La Tour ou forteresse de Vaik, place dans le voisinage d’Alep Les Turcs appel-lent Buri ou Zodiaque ks tours des Forteresses . parcequ’eìles font 4 l’égard des murail.les des villes, ce que les figures du Zodiaque font à tkgard de la spbere. Cmttimir ,
(4) L’Auteur affecte de les appcller par-tout Circaffiens , & non Mamlncs OU EsclavesTeut-être pareeque cette dénomination peut s’appliquer également aux Janissaires &'mê’
- tne à tous les Officiers Civils & Militaires de l’Empire Othoman, comme à ia Milice d’E-gypte, à Limitation de laquelle les Janissaires ont peut-être été institués , bien-que lesRois Arabes & leurs Successeurs en Asie ayent eu aussi la coutume de dresser au manî-ment des armes des esclaves achetés. D’ailleurs la Milice Egyptienne étoit composéed’escaves d’autres nations, comme de Circaffiens; de-là vient que dans les Annales Tur-ques de Gaudier on trouve la distinction de Circaffiens & de Mamlucs, ou Esclaves.
(5) D’autres Historiens Turcs & Chrétiens'prétendent que Jcmlurdi Gazel Beg ffit si.dele â son Maître, & qu’il ne se déclara pour Selim qu’après la conquête de ITkypte.Le Cadilesquer entre autres dit que Tanus l ! aiha ayant poursuivi & aiteint les Mam-Jucs auprès de la ville de Kaman , AI Gazali s’cnfuit au Caire, mais que K axer Jlek Sei-gneur d'Alep se soumit; & qu’nyant été présenté à Sehm, il fut très-gracieusement reçuplacé parmi les premiers Seigneurs & comblé de présens. Diserte que suivant cet Histo-rien il ne déserta point durant le combat.