<5oo HIST. DE L’EMPIRE OTHOMAN. Liv. XVIII. Chap. XI.
Seutioh ayant été,; découvert, & interrogé, confessa tout (a).
I- Avec tout cela on étoit au mois d’Octobre, & le mauvais tems incom-Prise de rnodoic tellement f Armée & la Flotte, que Solìman ne savoit plus quel par»Rhodes, ^ p renc j re ; nia is Ahmed l’encouragea à continuer le siégé , promettant devienne, lui ouvrir dans peu un chemin pour entrer dans la ville. Dans cette vue il&c. " ' ne cessa point d’attaquer le mur extérieur du poste d’Auvergne, qu’il ne
.. . l’eût emporté ; il poussa ensuite la tranchée jufqu’au pied de la muraille, fit
Grande COUVT i r ces nouveaux ouvrages de poutres & de madriers très-épais, & fitrcc u ' travailler ses Mineurs. Cela jet ta une grande consternation parmi les Rho-diens, qui ne laissèrent pas de tuer beaucoup de monde aux Turcs; mais lasupériorité de leur nombre les mit en état de ruiner enfin la muraille, defor-te que toute la ressource des affiegés étoit de travailler jour & nuit à éleverde nouveaux ouvrages.
/Iffimt Solìman voulant profiter de ces avantages, fit préparer tout pour donnerghéral, encore un assaut général le dernier jour de Novembre. Les Turcs s’avan-cerent enseignes déployées & en jettant de grands cris vers la breche , ducôté de la porte de St. Ambroise , tandis que la Flotte fit mine d’atta-quer la ville par mer. Les assiégés, qui préféroient la mort à l’efclava-ge, combattirent si vaillamment, que les Turcs après des attaques redou-blées avec furie, furent obligés de se retirer. Piqués néanmoins des insul-tes des Rhodiens , & indignés d’être traités ainsi par une poignée degensils revinrent ë la charge avec plus de fureur que jamais ; ils furentpourtant encore forcés de faire retraite, en laissant cinq-mille morts de plus.Les Turcs Après cet échec les Turcs travaillèrent à pousser leurs tranchées au milieugagnent^ t ] es débris des murailles, pour se frayer par-là un chemin dans la ville, &atetrem. ru j ner j es nouV elles fortifications qu’on avoit élevées. Ils avancèrent effec-tivement à force de travail, en efcarmouchant toujours avec les assiégés, &vinrent si loin, que les Chrétiens furent obligés d’abattre plusieurs maisons,pour faire de nouvelles fortifications (*). 11s perdoient ainsi peu à peu du
terrein, & fe trouvoient resserrés dans un plus petit espace, les ennemis a-yant poussé leurs travaux dans la ville dcux-cens pas en largeur, & cent-cinquante en avant.
Négocia • Solìman , bien-qu’il fût assuré d’emporter la place, envoya par le conseil
tkn. F Ahmed & de Kajst un Génois, nommé Jérôme Monile, pour parler auxRhodiens ; mais comme il avoit ordre de faire fa commission en particu-lier à Matthias de Via son compatriote, Farnove , un des Chevaliers, luiordonna de se retirer sur le champ. Cependant peu après le Grand-Maître,fur les pressantes instances des habitans, envoya des Ambassadeurs à Solìman ,pour' savoir dans quel dessein il avoit demandé une conférence ; mais le Sul-tan , comme s’il l’eût ignoré, répondit en colère, qu’il n’y avoit rien detel, & renvoya les Ambassadeurs avec une Lettre pour le Grand-Maître& IA habitans, pour leur conseiller de profiter de fa clémence, promet-
(//) Hakhqt , ubi supra.
tant
(*) Les Rhodiens avoient quinze-cens Esclaves Turcs, qui dans cette occaííon & pen-dant tOUt le siégé furent de grand servi.ee.