SOLI’MAN I. DIXIEME SULTAN. 595
CHAPITRE XI.
Le Régné de S o lima n I. surnommé Canûni.
SECTION I.
Contenant la Prise de Rhodes, le Siégé deV ienne, b les Guerres de Hongrie.
S Oliman Canûni (*) avoit à peine pris posseflìon du Trône, queS ecwot*Gazeli Beg, que Selitn avoit fait Gouverneur de Damas,se révolta, dans I.le dessein de se faire Souverain de sa Province. Dans cette vue il assembla Xstsj t!tses forces, & vfnt mettre le siégé devant Alep. Koja Mustapha (f) Pacha j- ie s c J*’la défendit avec beaucoup de valeur, jusqu’à Tarrivée de Ferhad Pacha, vfennedazeli , trop foible pour se mesurer avec lui, leva le siégé & se retira feus &c.Damas, dans un lieu nommé Mustaha. II s’y fortifia extraordinairement, <TJÌmàn 7dans l’efpérance que la disette auíìì bien que la saison avancée forceroient dixiewel’Armée Impériale de retourner sur ses pas. Mais Ferhad Pacha , voulant Sultan,rendre bon compte du Rebelle à Soliman , marcha à la poursuite de GazeliBeg, & contre l’opinion de tout le monde le vint attaquer dans son camp,le 27 de S ester de fan 927. Le combat fut des plus sanglans & dura dix 927.heures, mais enfin les Turcs ayant franchi tous les obstacles, tout fut paf- 1522.sé au fil de sépée avec le Chef des Rebelles : après cette victoire le vain-queur entra dàns Damas, & y établit Ay as Pacha pour Beglerbeg.
Les troubles de l’Asie étant assoupis, Soliman pût la résolution détour- Prise dener ses armes vers l’Europe, & d’étendre fa domination du côté de l’Occi- Belgrade,dent de Constantinople aussi loin qu’elle l’étoit du côté de l’Orient. Mais depeur que quelque nouveau désordre n’interrompît le cours de son expédi-tion , il chargea Ferhad Pacha de veiller sur l’Asie. 11 envoya une Flotted’observation dans T Archipel, & en ordonna une pour la Mer Noire, com-posée de cinquante Vaisseaux de guerre, qui dévoient servir d’escorte àquatre-cens Bâtimens de charge pour porter des provisions à son armée deHongrie., Après,ces précautions il partit à la tête d’une puissante armée,
& marcha à la conquête de la Hongrie, Avant que de paroître, il ordon-na à Wna Beg, fils de Bail Beg, Gouverneur de Sémendrie, de prendre
les
(») Caraîni, Cancniste, mot qui vient du Grec & signifie Législateur, Faiseur âe réglé;.
C’est à Soliman qu’on esl redevable du Corps de Loix qu’on fuit aujourd’hui dans l’EmpireOchoman; auparavant c'étoient moins des Constitutions que des Coutumes, & la volon-té du Prince tenoit lieu de Loi. Solin,an est représenté dans la Bibliothèque du Grnnd-Seigneur, ayant un Livre à la main, pour conserver la mémoire de ces Constitutions.
Les Historiens Chrétiens l’appellent le Magnifique. Le Comte MarfigH a publié une Tra-duction Italienne & Françoise du Canin Nameh, pour ce qui regarde l’Aimée & les Re-venus, fous le titre à'huit Militaire de l'Empire Oikoman, imprimé à la Haye & à Am-sterdam en 1733 in-folio, avec figures.
(j) Vieux âJusiaj ha ; Koja désigne aussi une personne reconnuandable par sa gravité &sa sagesse.
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