SOLIMAN I. DIXIEME SULTAN. 607bassadeur de Bogdan (*) Prince.de Moldavie, & du Peuple, polir offrir sectionau Sultan les deux Moldavies (f) à des conditions honorables; il demanda " 1.en particulier, que la Religion y fût conservée sans qu’il y fût donné la Pr ‘J' e íIemoindre atteinte, au moyen dequoi le Pays deviendroit un fief de l’Empire ^ hocI ® s »Othoman. Soliman accepta foffre avec plaisir, &en passa un Acte folemnel vknnesigné de fa main. Peu après Bogdan accompagné de ses Barons vint en per- &c. '
sonne à la rencontre du Sultan, & le trouvant proche de Sophie, Capitale —de Servie, fur la route de Constantinople, il lui présenta quatre-mille écusd'or, quarante jumens pleines, & vingt-quatre faucons, s’engageant de payertous les ans à la Porte la même redevance, en signe de foumiflîon féodale.
Le Sultan ratifia le Traité, lui donna le large Cucca (j), orné de pier-reries , avec le Khilactt Fahire (Z), & un cheval superbement harnache',tel que l’Empereur en monte lui-même. Enfin il le fit accompagner parquatre de ses Gardes (**) («).
Après avoir rafraîchi son armée, Soliman résolut d’aísieger Vienne , Car Siégé rkpitale d’Autriche. Dans cette vue il fit prendre les devans à Ahmed avec Vienne *les volontaires, qui pénétrèrent jusqu’à Lin m, ravagèrent tout le Pays, & ^0massacrèrent une infinité d’habitans. Le Sultan suivit, & dans fa route il 5 ^prit le Château d’AIcenbourg, mais il donna inutilement sept assauts en unjour à Neustadt. II arriva devant Vienne le 26 de Septembre, & campaavec fa nombreuse armée en cinq postes différens autour de la ville, defor-te que Frédéric, Duc de Bavière & Général du Roi Ferdinand, ne pou-vant y jetter aucun secours, se tint à Chresme, qui en est environ à dou-ze milles. II y avoit néanmoins dans la place vingt-milíe hommes , tantCavalerie qu’Infanterie, commandés par Philippe ,Palatin dullhin; le grandnombre des Troupes étoit d autant plus nécessaire, que les fortifications dela place étoient fort mauvaises. Dans la seconde sortie que fit la Garnison,
il
O) Cmtimir, 1. c. p. 302-304.
entendoit parfaitement plusieurs Lsngues. 11 fit bâtir à Constantinople un Palais, qui por-te encore le nom de Bogdan Sar ay , le Palais Moldaye. Cútitimii »
(*) C’est un nom Esclavon. qui répond à Dicu-donné. Les Moldaves donnerent à cePrince le surnom de Negral ou Noir. 11 étoit fils A'Etienne le Grand; ce Prince,aprèsun régné de quarante-sept ans & cinq mois, & après miiie glorieux exploits, conseillaà son fils & aux Grands de soumettre son Royaume à Soliman à titre de fief, plutôtque de se mesurer avec lui. Bogdan suivit ce conseil la septième année de son régné.
Çantmir.
(f) La Moldavie est divisée en haute & baflb. Celle-ci cçmprenoit autrefois toute laBessarabie, queles Tartares nomment Bujalt. 3 e /# est la Capitale de tont le Pays; I e « Des-potes y transportèrent leur Cour de Soczava, après la prise de Constantinople. Garni mi r.
(j) C’est un ornement de tête, fait de plumes d’Autruche; parmi les Etrangers il n’y'aque les Princes de Moldavie & de Valaquie à qui il soit permis de le porter, & parmi lesTurcs ii appartient au Bu'.ukagalmi ou Colonels, & au Segban Bachì, qui tient Iepremserrang après P Aga des Janissaires. Car.timir. De Cucca vient peut être Cocarde.
(g) C’est la première des trois robes d’honneur.
(**) Cette coutume s’est conservée depuis en l’honneur du Prince de Moldavie ; toutesles fois qu’il vient à ía Cour Othomane, on lui se, j t ie même cortege, La création de cesPrinces est accompagnée de plus de cérémonies & de pompe, que celle des Pachas ou desVisirs. Otntmìr.