6i6 HIST. DE L’EMPIRE OTHOMAN. Liv. XVIII. Chap. XI.•Sbction dahar, qui étoit Meffiiar ou Grancì-Visir, de s’enfuir, en abandonnant tousH. ses trésors. Aussitôt qu’il fut parti , Barbcrousse, invité par les habitans ,^Endit promptement à la tête de çinq-mille Turcs dans la ville, où il futroussaGf" re £ u aux acclamations du Peuple; mais les Tunisiens ne voyant pas Rashidde Doria avec lui, & haïssant les Turcs, les attaquèrent fous la conduite á’Abdahar ,&e. comme ils entraient dans le Château, & se rendirent bientôt maîtres d'un
" ' des. boulevards, ce qui leur coûta bien du sang. Ils firent revenir M-.iley
Hassan, & preíìerent tellement par de continuels assauts Barbcroujse, qu’ilsortit par deux portes pour fondre fur eux; trois-mille Maures périrent danscette occasion avec le Messuar. Muley Hassan se sauva avec peine à Con-stantine , sancienne Cyrthe , en compagnie de Doraks son frere, à quicette ville appartenoit. Le lendemain, les habitans découragés par les per-tes qu’ils avoient faites, & n’ayant point de Roi pour qui ils eussent à com-battre , demanderent pardon à Barberonjse & se soumirent à Soli man. Aprèsavoir mis ordre à tout dans Tunis, l'Amiral trouva moyen de gagner lesPrinces Numides , après quoi il eut bientôt réduit les autres places du Royau-me, à la réserve de Kairwan (*), qui se défendit assez longtems, & enfinlè rendit (a). Revenons à-présent aux affaires de Perse.
Pn/áí-A L e vîfir Ibrahim se tenoit toujours aux environs de Van. Soliman se mita | j 1 ’ ■ en marche Tannée suivante avec le reste de ses Troupes pour le renforcer,1534 . & s’avança vers Tigris (f). Sultan Mozaffer , Roi de Ghilan (j) vint le
joindre avec dix-mille hommes, auffi bien-que Mchstncd Khan , & ils pro-mirent d’être ses vassaux. 11 tourna ensuite vers Sultanie, & après un courtséjour.(5) il alla se présenter devant Bagdad au commencement de l’IIi-ver. Le Gouverneur Tekkielu Mehsmed Khan (**), ne se sentant pas assezfort pour se soutenir contre Tannée Othomane, se retira plus avant en Per-se, ainsi le Sultan entra sans opposition dans la ville. En examinant" lesmonumens des anciens Héros , Soliman remarqua une place dédiée à lamémoire à'Imam Azem (f f). Ce lieu éminent commandait à toute la vil-le, & étoit très-propre à arrêter les attaques du dehors & à tenir leshabitans en bride; le Sultan le fit d’abord fortifier, & y mit une nombreu-se Garnison de Janissaires.
En-
(«) Ricaut, ubi sup.
(*) Ville à environ soixante-dix milles au midi de Tunis , aujourd’hui ruinée, maïs fameu-se autrefois, ayant été le siégé des Califes d’Occident , avant qu'ils fe transportassent en E*gypte, aussi bien que de plusieurs Dynasties de Rois.
(f) Au-lieu de lïhrit ou Tevriz ; c’est Tauris en Perse.
'•> Khilan, Province de Perse du côtéaiud-Ouëst de la Mer Caspienne. On croîtque c’eit sancienne Hircanie.
(§) Les Historiens Chrétiens disent que Soliman n’apprenant aucune nouvelle de Thamast>u ifihmafp , & son armée ayant été en danger de périr dans la plaine de Sultanie par unterrible orage de pluie, il marcha du côté de Bagdad.
(**) Fameux Général Persan ; c’est-Iui, dit-on, qui eut l’adresse de corrompre le Viíìr& le Desterdar de Soliman , & ce Prince n’échappa de ce piege que par un coup dehazard,ou de la fortune aveugle. Canthnir.
(f j-) Instituteur des cérémonies des Mahométans, & plus-respecté des Turcs que son
Ûicceíseuï Shafi, Çmimir,