SOL IMAN I. DIXIEME SULTAN. 62Z
me sort; mais le Prince de Naxe, pour éviter les malheurs de la guerre > se Sectionsoumit à payer un tribut de cinq-mille ducats. Lutzi chargé de butin retourna H.à Constantinople, peu après il fut relégué pour avoir frappé & enfermé fafemme, (*) qui étoit sœur de Soliman (a). íouffifj?"
L’an 944, une armée de vingt-mille hommes ramassés de différentes Na- de Donarions, fous les ordres d'un certain Cohpan , entra par le Serein (f) fur les Ter- Lh.res Othomanes, dans le dessein d’affieger Sémendrie. Mehemed Bcg, Gou- ^ "Jverneur de la ville, alla au devant ,d’eux, & les attaqua si brusquement p^déser-qu’il les mit en déroute (à). C'est-là tout ce que les Historiens Turcs di- dinandlent d une affaire, qui suivant les Historiens Chrétiens leur fut également nfiegenthonorable & avantageuse. Voici ce qu’ils rapportent. La même Autom- Eíreck *.ne, oue Soliman ravagea Piste deCorfou, les Turcs défirent les Troupesde Ferdinand à Essek. II y avoit à-la-vérité une efpece de treve entre lesdeux Puissances ; mais comme de petits partis ne laissoient pas de faire descourses fur les Terres réciproques , & que la Cavalerie légere des Turcs avoitgénéralement P avantage fur la Cavalerie Allemande pesamment armée,Ferdinand en fut si piqué, qu’il résolut de chasser les Turcs de Possega. Dansce dessein il leva huit-mille chevaux & feize-mille hommes de pied, dont ildonna le commandement à Jean Cazzimer, Gentilhomme de Croatie. Ma*homtt, Gouverneur de Seîgrade, en ayant eu avis, tira. de Bosnie & desautres Provinces des Troupes, qui avec les Hongrois qui se joignirent à luiformerent une armée égale à celle des Allemands.
11 s’avança vers Essek résolu d y attendre les ennemis qui marchoient àlui,, mais chemin faisant leur Infanterie diminua de la moitié, bien-que leurCavalerie fût augmentée de deux-mille chevaux. L’Eveque de Zagabrieles joignit le lendemain avec fa Cavalerie, & il vint quelques vivres au camp.
, 11 s découvrirent de dessus une montagne, dont ils chassèrent les Turcs, unterrein élevé de l’autre côté de la ville, propre à y dresser des batteries, &ils s*y rendirent à travers une forêt assez difficile, fans grande perte. S’y é-tant campés, ils présentèrent la bataille à Pennemi ; mais Mahomet , qui a-voit ordre de Soliman de défendre la ville jusqu’à la derniere extrémité, &qui savoir que les Chrétiens manquoient de vivres, évita d’en venir à uneaction. Réduits à I’étroit par la disette, ils décampèrent la nuit, & aîlerentafiieger Hermande, où ils comptoient de trouver des magazins, mais à pei-ne y eut-il assez de provisions pour deux jours.
De-là ils marchèrent par Possega vers Juvancka, & en chemin ils trou- S m bat-verent beaucoup de rafraîchìssemens ; mais les Turcs qui avoient gagnéfuvancka, eurent plusieurs escarmouches avec eux. Ils les serrèrent ensui-te si fort dans leur retraite, qu’àla fin les Commun dans de la Cavalerie ,saisis d’une terreur panique, prirent tout d’un coup la fuite, les uns d’un
co-
(«) Paul. Jove, Leundavm, Ricaui ubi íup. (S) Cantimir, 1 . c. p. 318.
'(*) Parcequ’elle lui avoit fait des reproches d u criminel commerce qu’il avoit avec unjeune garçon, qu’il entrttenoit auprès- de fa personne.
(j-) C’eít une vaste plaine entre Belgrade & Feterwaradin, au-delà de la Save; lea habi-tant Rappellent Serin Q&li. Çanímív.