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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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SOLI M AN I. DIXIEME SULTAN. 6zi

La Flotte Chrétienne, voyant que tout étoit perdu, se fit jour du mieux Sccnoí» ?qu’elle put à coups de canon, & se retira à Comorre. Les Troupes qui é- il.toient dans le camp périrent, les Bohémiens qui s’y trouvoient se firent ]

tuer en combattant vaillamment. Environ trois-mille hommes, qui avoientgagné une petite hauteur auprès de l’Iíle de S. Gérard, s’y défendirent de Donajuiqu’à ce que les deux tiers ayant été tués, les autres mirent les armes &e.bas, & furent ensuite massacrés par ordre de Soliman. Dans le même tems ssss s**Kafan íe présenta devant Pess avec fa Flotte,- la Cavalerie se sauva, & ceux t ou cher k.qui resterent étoient.fi abattus, qu’ils ne firent qu une foible défense, de-sorte que les Turcs entrerent bientôt dans 1a place, exercèrent fur eux lesplus grandes cruautés, & saccagèrent cette riche ville. Enfin, suivant quel-ques Historiens, les Chrétiens perdirent vingt-mille hommes, trente-six piecesde gros canon, & cent-cinquante petites pieces. Leur malheureux GénéralRogendorf mourut peu après, près de Comorre, de ses blessures & de chagrin.

Après cette victoire Soliman vint camper fous les murailles de Bude à latête d’une puissante armée; il envoya des Ambassadeurs à la Reine chargés B ir P ri f e *de riches présens, pour lui demander d’envoyer le jeune Roi à son camp.

Isabelle obéit par l’avis de l’Evêque, pour ne donner aucun soupçon. Quoi-que ce jeune Prince fût encore au berceau, on le reçut avec tous les hon- .neurs dûs â son rang. Le Sultan s’entretint familièrement avec la nourrice,

& ordonna à Selirn & à Bajazct ses fils de prendre le jeune Roi entre leursbras & de le baiser. Mais tandis que les Seigneurs Hongrois se divertissoientau dîner avec les Pachas, quelque Troupes entrerent dans la ville, sous pré-texte de la voir, & s’en saisirent, mais fi adroitement & avec si peu d'é-clat, qu’on ne s’en apperçut qu’après que la chose fut faite. Immédiatementaprès on publia une proclamation, pour rassurer les habitans, & les avertirde ne rien craindre, mais on leur ordonnoit en même tems de livrer leursarmes; on observa une discipline si exacte, qu’il n’y eut pas une feule per-sonne insultée par les soldats (a).

Aussitôt que Soliman fut que ses ordres étoient exécutés, il renvoya le La H™.jeune Prince à fa mere, mais il retint les Nobles, à leur grdnd étonnement S rie rédui-& à celui de la Reine. Cette Princesse écrivit au Sultan en termes très- sss l ^s°‘soumis pour le faire souvenir de ses promesses, & pour solliciter la liberté p Empiredes Seigneurs; mais fans avoir aucun égard à ses remontrances, Solìmm Turc.délibéra avec ses Pachas, fur la maniéré dont il difpoferoit du Royaume deHongrie. Le Grand-Visir Mahvmet fut d’avis d’emmener le jeune Roi &tous les Nobles à Constantinople,& de laisser en Hongrie un Gouverneur,qui par fa douceur & fa modération dissipât parmi les Peuples toutecrainte de servitude. Rujìan Pacha, gagné par les présens de la Reine, in-sista fur ce que l’honneur demandoit, & représenta que rien n’étoit plusdéshonorant pour un grand Monarque, que de manquer de parole à unefemme foible, & à un pauvre enfant, qu’il avoit pris sous fa protection.

Mais Mahomet, Gouverneur de Belgrade , trouvant ces deux premiers avistrop doux, en ouvroit un troisième - qui étoit de réduire la Hongrie en Pro-vin-

ce Ricauí, ubi fup.