SOL IMAN I. DIXIEME SULTAN. 6 3S
traiter de la rançon de quelques prisonnierslui fournit des choses dont il SpxtíoVavoit beíbin, de peur qu’il ne commît des hostilités fur les Terres des Génois (a). " n.
L’Amiral Turc, ennuyé de rester si longtems inutile en Provence, deman- Ex vhitsda au Roi de France la permission ou de se retirer , ou de ravager les côtes f ^ ar « e ‘d’Espagne ; mais ce Monarque ne pouvant se résoudre à lui accorder la se- ™ Doriaconde demande, lui fit présent, pour remplacer les Turcs qui étoient morts, & c .de tous les esclaves Mahométans qui étoient fur ses Galères, au nombre dequatre-cens, ‘de provisions & de plusieurs autres choses. Barberoujfe étant j 1 Ad-aptés cela parti de Toulon, alla aborder à l’Ifle d’Elbe, appartenant au Duc U ’ S ‘
de Florence ; il fit demander au Gouverneur Jppïano le fils de son ancienami Sinan le Juif, qui y étoit détenu prisonnier : le Gouverneur répondit,que le jeune homme s étant fait Chrétien il ne pouvoit absolument le lui rendre ,mais que pour ï amour de lui il le traiteroit comme J on fils. BarbcrouJJ’e negoûta point cette excuse, fit descente, enleva beaucoup de butin, & sefit rendre le prisonnier. Mais la liberté du fils causa la mort du pere ; celui-ci fut tellement saisi de joie en le voyant, qu’il tomba en foiblesse & mouruten le tenant entre ses bras.
Barberouffe , en quittant llfle d’Elbe, alla aborder d’abord à Telaman, & Son retourde-là à Porto Hercule, qu’il brûla. II ravagea ensuite les Isles de Gigio « Co1 ?-& d’Ischia; il réduisit en cendres les trois principaux bourgs de la demie- slanUn0 ‘re, & enleva un grand nombre de captifs de l’une & de l’autre ; il tâcha p e 'après cela de se rendre maître de Pouzzol S mais le secours venu de Na-ples l’obligea de renoncer à son entreprise. II fut plus heureux dans l’Islede Lipari, qu il dévasta, & ayant brûlé la ville il emmena environ fept-roille prisonniers a Constantinople. Soliman le reçut avec distinction, ébapprouva fa conduite. Ce fut-là fa derniere expédition : il mourut en 1547 (*).
Revenons à-présent à la guerre de Hongrie. Ferdinand fut allarmé de la Ferdinandréponse que la Porte avoit faite à ses Ambassadeurs, deforte qu’à fa sollici- entre entation les Princes & les Etats d’Allemagne résolurent unanimement d’armer Hongrie,pour reprendre sur les Turcs Bude, & les autres places de Hongrie. Dansce dessein ils mirent fur pied une armée de trente-mille hommes de pied &de sept-mille chevaux, sous les ordres de Joachim Marquis de Brandebourg.
A Vienne ils furent joints par les Troupes de Ferdinand, qui consistoient endix-mille chevaux de Stirie, quinze-mille de Hongrie , & trois-mille Fantas-sins Italiens, gens d’élite, que le Pape Paul III. avoit envoyés fous le com-mandement df Alexandre Vìteiiìo. Ee Marquis se mit en campagne mais ilmarcha st lentement le long du Danube, que les Officiers dííoient que l’Etéferoit passé avant qu’il commençât à agir. Etant arrivé enfin à Gran, le bruitcourut que Soliman étoit en marche pour la Hongrie, à la tête dune puis.santé armée, mais lés espions que le Marquis avoit envoyés à Sémendrierapportèrent qu’il n’étoit arrivé gueres que trois-mille Turcs à Bude, & q ue lá
Flot-
O) Rtcaut, ubi íup.
(*) II fut enterré dans fa maison, nommée Bcyziktmh, proche du Bosphore de T hrsce,
2 quatre milles environ de Pera; & pour rendre son tombeau célébré, il y fit bâtir uneMosquée à ses dépens.
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